Le Dhammapada
Traduction par Jeanne Schut
(Traduction basée sur la version anglaise de Thanissaro Bhikkhu)
XII. Atta-vagga : Versets sur Soi-même
157
Si tu es cher à ton propre
cœur, monte la garde sans relâche.
Le sage doit rester en éveil et monter la garde
A tous les quarts de la nuit
A tous les stades de la vie.
158
Veille d’abord à t’établir
dans ce qui est juste
Ensuite seulement, pourras-tu guider les autres.
Ainsi ton nom ne sera pas entaché —
Toi, le Sage.
159
Si tu agis comme tu
conseilles aux autres de le faire,
Alors, bien entraîné, vas-y ! Entraîne les autres !
Car il est bien connu que le plus difficile
Est de se maîtriser soi-même.
160
Tu es toi-même ton propre
pilier —
Qui d’autre pourrait l’être ?
Quand tu t’es bien entraîné, bien maîtrisé,
Tu deviens ce pilier si difficile d’accès.
161
Le mal qu’un être
inconscient a commis
Par lui-même et de lui-même,
Ce mal le broie aussi sûrement
Que le diamant broie une pierre précieuse.
162
L’homme prisonnier du vice
Autant que l’arbre étouffé par les lianes
Se fait à lui-même tout le mal
Que seul un ennemi pourrait lui souhaiter.
163
Elles sont faciles à faire
Les choses qui ne sont ni bonnes ni utiles pour soi.
Mais ce qui est vraiment bon et utile
Est vraiment très difficile à réaliser.
164
Si, aveuglé par une vision
erronée,
Un inconscient vilipende l’enseignement des Etres éveillés
Des Etres nobles et pleins de sagesse,
Comme le bambou, les fruits qu’il portera causeront sa perte.
165
C’est seul que l’on agit
mal, seul que l’on s’avilit.
C’est seul qu’on abandonne le mal, seul qu’on se purifie.
Pureté et impureté sont notre propre fait
Nul ne purifie un autre et nul autre ne peut nous purifier.
166
Ne sacrifie pas ton propre
bien au profit de celui d’autrui,
Aussi grand soit-il.
Comprenant avec clarté ce qu’est le véritable bien pour toi,
Ne te consacre qu’à cela.