Le Dhammapada
Traduction par Jeanne Schut
(Traduction basée sur la version anglaise de Thanissaro Bhikkhu)
XVI. Piya-vagga : Versets sur ceux qui nous sont chers
209
Il s’est appliqué à
poursuivre ce qu’il aurait dû éviter
Et ne s’est pas appliqué à ce qu’il aurait dû faire.
Il a négligé son véritable but pour nouer des liens affectifs
Et aujourd’hui il envie ceux qui ont fait l’effort de garder le cap.
210 - 211
Jamais, quoi qu’il arrive,
ne te rapproche trop
De ceux qui te sont chers comme de ceux que tu n’aimes pas.
Car il est douloureux de ne point voir ceux qui nous sont chers
Tout autant que d’être forcés de voir ceux que nous n’aimons pas.
Alors ne crée pas de liens
affectifs trop forts
Car il est terrible d’être éloignés de ceux qui nous sont chers.
Il n’y a plus d’attaches
Pour qui est libre aussi bien de l’affection que de l’aversion.
212 - 216
De ce qui nous est cher
naît le chagrin
De ce qui nous est cher naît la peur.
Pour qui est libéré de ce qui lui est cher
Il n’y a plus de chagrin — alors comment y aurait-il la peur ?
De ce que nous aimons naît
le chagrin
De ce que nous aimons naît la peur
Pour qui est libéré de ce qu’il aime
Il n’y a plus de chagrin — alors comment y aurait-il la peur ?
De ce qui nous ravit naît le
chagrin
De ce qui nous ravit naît la peur.
Pour qui est libéré de ce qui le ravit
Il n’y a plus de chagrin — alors comment y aurait-il la peur ?
Du plaisir des sens naît
le chagrin
Du plaisir des sens naît la peur.
Pour qui est libéré du plaisir des sens
Il n’y a plus de chagrin — alors comment y aurait-il la peur ?
De la convoitise naît le
chagrin
De la convoitise naît la peur.
Pour qui est libéré de la convoitise
Il n’y a plus de chagrin — alors comment y aurait-il la peur ?
217
Celui qui est vertueux,
dont la vision est juste,
Qui est intelligent et honnête
Et qui sait assumer ses obligations —
Celui-là est cher au cœur de tous.
218
Si tu aspires à
l’Ineffable,
Si l’inspiration emplit ton cœur,
Si ton esprit n’est pas embrumé par les passions,
Tu es quelqu’un qui « remonte le Courant ».
219 - 220
Quand un homme, longtemps
absent,
Rentre sain et sauf d’un long voyage,
Ses proches, ses amis, ses compagnons
Se réjouissent de son retour.
De la même façon, quand tu
agis bien
Et que tu quittes ce monde pour l’au-delà
Tu es accueilli par tes bonnes actions
Comme un ami, un être cher qui rentre à la maison.