La Thaïlande a la chance de compter un grand nombre de maîtres de méditation bouddhistes dotés d’une moralité impeccable et d’une profonde sagesse. L’un des plus éminents est le Vénérable Ajahn Chah.
Né en 1918 dans un village de la province d’Ubon, au nord-est du pays, il a d’abord étudié dans le petit monastère local où il a été ordonné. Plus tard, il a cherché des monastères de forêt isolés où il a été formé par les grands maîtres de son époque comme Ajahn Mun, Ajahn Kinaree et Ajahn Taungrut, avant d’établir son propre monastère de forêt près de son village natal. Jusqu’à sa mort, en 1992, il a guidé et formé ses disciples à la façon simple, austère et paisible du Bouddha.
Pendant les nombreuses années où Ajahn Chah a vécu et pratiqué seul la méditation dans la forêt, il a rencontré de nombreuses difficultés et les qualités de patience et d’endurance qu’il a développées ont pris une importance capitale plus tard, lorsqu’il a commencé à enseigner à ses disciples. Comme pour le Bouddha, sa pratique du Dhamma était profondément stimulée par son désir de comprendre les causes de la souffrance dans le monde et de trouver la véritable liberté. Malgré toutes les épreuves qu’il a traversées – souffrance, maladie, douleur et doute – il n’a jamais abandonné la voie. C’est de tous ces efforts et de cette détermination sans faille qu’est née une paix inébranlable, fondée sur une profonde sagesse et une compassion et un amour inconditionnés pour tous les êtres.
La façon d’enseigner d’Ajahn Chah était directe, sans complications ni détours. Ses instructions étaient souvent pleines d’humour. Il était maître dans l’art d’utiliser les situations de la vie quotidienne comme autant d’occasions d’apprentissage. Il répétait souvent que la vision juste ne pouvait jamais naître d’une simple compréhension intellectuelle mais qu’elle devait provenir d’une expérience personnelle directe et transformatrice. Le bonheur durable est le résultat de la sagesse qui apparaît naturellement lorsque l’esprit est calme, paisible et rayonnant.
Il encourageait ses disciples à affronter tout ce qui empoisonne l’esprit, en utilisant pour cela les outils que sont le renoncement, la pleine conscience et la persévérance. Il les incitait à ne pas se laisser emporter par leurs états d’âme et leurs émotions, mais plutôt à s’entraîner à voir clairement et à faire directement l’expérience de la véritable nature de l’esprit et du monde.
La popularité d’Ajahn Chah n’a cessé de grandir, tant auprès des Thaïlandais que des Occidentaux. Le nombre de ses disciples étrangers a tellement augmenté qu’en 1975 Ajahn Chah a établi pour eux un monastère affilié, à quelques kilomètres du sien. Il a alors demandé à son premier disciple occidental, le Vénérable Ajahn Sumedho, de devenir l’abbé du « Monastère de forêt international » (en thaï Wat Pah Nanachat). Ce dernier a essaimé ensuite dans le monde entier. Il y a aujourd’hui plus de 300 monastères affiliés (y compris en Thaïlande) qui trouvent leurs enseignements et leur inspiration dans l’exemple d’Ajahn Chah.
