{"id":1268,"date":"2026-05-06T18:11:33","date_gmt":"2026-05-06T18:11:33","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=1268"},"modified":"2026-05-11T09:28:08","modified_gmt":"2026-05-11T09:28:08","slug":"la-paix-au-dela","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/la-paix-au-dela\/","title":{"rendered":"La paix au-del\u00e0"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.786), 21px);text-transform:none\"><strong>Extrait du livre d&rsquo;Ajahn Chah \u00ab&nbsp;M\u00e9ditation et sagesse&nbsp;\u00bb<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>Traduction de Jeanne Schut<\/em><\/p>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><em>Version condens\u00e9e d\u2019un enseignement donn\u00e9 au Premier Conseiller de Tha\u00eflande,<\/em> <br><em>M. Sanya Dharmasakti, \u00e0 Wat Pah Pong, en 1978.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est extr\u00eamement important que nous pratiquions le Dhamma. Si nous ne pratiquons pas, toute notre connaissance n\u2019est que superficielle, une simple coquille externe. C\u2019est comme si nous avions un fruit que nous n\u2019avons pas encore mang\u00e9. Bien que nous ayons ce fruit entre les mains, nous n\u2019en obtenons aucun bienfait. Ce n\u2019est qu\u2019en mangeant le fruit que nous saurons vraiment quel go\u00fbt il a.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha n\u2019a jamais fait l\u2019\u00e9loge de ceux qui se contentent de croire ce qui se dit&nbsp;; il faisait l\u2019\u00e9loge de ceux qui d\u00e9couvrent la v\u00e9rit\u00e9 en eux-m\u00eames. C\u2019est comme avec ce fruit&nbsp;: une fois que nous l\u2019aurons go\u00fbt\u00e9, nous n\u2019aurons pas besoin de demander \u00e0 d\u2019autres s\u2019il est doux ou aigre. Nos probl\u00e8mes sont termin\u00e9s parce que nous voyons selon la V\u00e9rit\u00e9. Celui qui a r\u00e9alis\u00e9 le Dhamma est comme celui qui a pris conscience de la douceur ou de l\u2019aigreur du fruit&nbsp;: tous les doutes s\u2019arr\u00eatent l\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand nous parlons du Dhamma, tout ce que nous disons peut g\u00e9n\u00e9ralement se r\u00e9sumer \u00e0 quatre choses&nbsp;: conna\u00eetre la souffrance, conna\u00eetre la cause de la souffrance, conna\u00eetre la fin de la souffrance et conna\u00eetre la voie de la pratique qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance. Tout est l\u00e0. Tout ce dont nous avons pu faire l\u2019exp\u00e9rience sur la voie de la pratique jusqu\u2019\u00e0 ce jour revient \u00e0 ces quatre choses. Quand nous connaissons ces choses, nos probl\u00e8mes sont termin\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">O\u00f9 ces quatre choses apparaissent-elles&nbsp;? Elles apparaissent dans le corps et dans l\u2019esprit, nulle part ailleurs. Alors pourquoi l\u2019enseignement du Bouddha est-il si d\u00e9taill\u00e9 et si \u00e9tendu&nbsp;? Il est ainsi pour expliquer ces choses de mani\u00e8re plus subtile, pour nous aider \u00e0 les voir.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Siddhatta Gotama est venu au monde, avant de voir le Dhamma, c\u2019\u00e9tait une personne ordinaire, tout comme nous. Quand il a su ce qu\u2019il devait savoir \u2013 c\u2019est-\u00e0-dire la v\u00e9rit\u00e9 de la souffrance, sa cause, sa cessation et la voie qui m\u00e8ne \u00e0 la cessation de la souffrance \u2013, il a r\u00e9alis\u00e9 le Dhamma et il est devenu un Bouddha parfaitement \u00e9veill\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand nous r\u00e9alisons le Dhamma, o\u00f9 que nous nous asseyions, nous connaissons le Dhamma, o\u00f9 que nous soyons, nous entendons l\u2019enseignement du Bouddha. Quand nous comprenons le Dhamma, le Bouddha est dans notre esprit, le Dhamma est dans notre esprit, et la pratique qui m\u00e8ne \u00e0 la sagesse est dans notre esprit. Avoir le Bouddha, le Dhamma et le Sangha dans notre esprit signifie que nous connaissons clairement la v\u00e9ritable nature de nos actes, bons ou mauvais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ceci explique pourquoi le Bouddha a pu \u00e9carter les opinions du monde, les louanges et les critiques. Quand les gens le complimentaient ou le critiquaient, il l\u2019acceptait pour ce que c\u2019\u00e9tait. Louange et bl\u00e2me ne sont que des facteurs du monde, alors il n\u2019en \u00e9tait pas perturb\u00e9. Pourquoi&nbsp;? Parce qu\u2019il connaissait la souffrance&nbsp;; il savait que s\u2019il croyait \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 des compliments ou des critiques, il en souffrirait.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand la souffrance arrive, elle nous agite et nous nous sentons mal. Quelle est la cause de cette souffrance&nbsp;? C\u2019est que nous ne connaissons pas la V\u00e9rit\u00e9. Quand la cause est l\u00e0, la souffrance appara\u00eet. Une fois apparue, nous ne savons pas comment l\u2019arr\u00eater. Plus nous essayons de l\u2019arr\u00eater, plus elle augmente. Nous disons&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne me critiquez pas&nbsp;\u00bb ou&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ne me bl\u00e2mez pas&nbsp;\u00bb. Mais si on essaie d\u2019arr\u00eater la souffrance de cette mani\u00e8re, on n\u2019y arrivera pas&nbsp;; elle ne fera que cro\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pourquoi le Bouddha a enseign\u00e9 que la fa\u00e7on de mettre fin \u00e0 la souffrance, c\u2019est de faire appara\u00eetre le Dhamma comme une r\u00e9alit\u00e9 dans notre esprit. Nous devenons ainsi ceux qui t\u00e9moignent du Dhamma par eux-m\u00eames. Si quelqu\u2019un dit que nous sommes bons, nous ne nous enflammons pas&nbsp;; si on dit que nous ne valons rien, nous ne nous enflammons pas davantage. Ainsi, nous pouvons \u00eatre libres. \u00ab&nbsp;Bon&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;mauvais&nbsp;\u00bb ne sont que des <em>dhammas<\/em> du monde, de simples \u00e9tats d\u2019esprit. Si nous nous y attachons, notre esprit \u00ab&nbsp;devient&nbsp;\u00bb le monde&nbsp;; nous avan\u00e7ons \u00e0 t\u00e2tons dans l\u2019obscurit\u00e9 sans savoir o\u00f9 est la sortie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si nous sommes ainsi, c\u2019est que nous n\u2019avons pas encore de ma\u00eetrise sur nous-m\u00eames. Nous essayons de vaincre les autres mais, ce faisant, nous sommes nous-m\u00eames vaincus. Par contre, si nous savons nous ma\u00eetriser, nous pouvons tout ma\u00eetriser&nbsp;: les formations mentales, les formes, les sons, les odeurs, les saveurs et les sensations physiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Je ne parle l\u00e0 que des choses ext\u00e9rieures mais l\u2019ext\u00e9rieur est un reflet de l\u2019int\u00e9rieur. Certaines personnes ne connaissent que l\u2019ext\u00e9rieur. Nous disons, par exemple, que nous essayons de voir \u00ab&nbsp;le corps dans le corps&nbsp;\u00bb<a href=\"#_ftn1\" id=\"_ftnref1\">[1]<\/a>. Voir le corps ext\u00e9rieur ne suffit pas&nbsp;; nous devons conna\u00eetre le corps dans le corps. Ensuite, apr\u00e8s avoir \u00e9tudi\u00e9 l\u2019esprit, nous devons conna\u00eetre \u00ab&nbsp;l\u2019esprit dans l\u2019esprit&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pourquoi \u00e9tudier le corps&nbsp;et qu\u2019est-ce que ce \u00ab&nbsp;corps dans le corps&nbsp;\u00bb&nbsp;? Quand on dit qu\u2019il faut conna\u00eetre l\u2019esprit, qu\u2019est-ce que cet esprit&nbsp;? Si nous ne connaissons pas l\u2019esprit, nous ne pouvons pas conna\u00eetre les choses qui sont dans l\u2019esprit. Nous sommes quelqu\u2019un qui ne conna\u00eet pas la souffrance, ne conna\u00eet pas la cause de la souffrance, ne conna\u00eet pas la fin de la souffrance et ne conna\u00eet pas la Voie qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance. Les choses qui devraient nous aider \u00e0 apaiser la souffrance ne nous sont d\u2019aucune aide parce que nous sommes distraits par d\u2019autres choses qui, elles, ne font que l\u2019aggraver. C\u2019est comme sentir un picotement \u00e0 la t\u00eate et se gratter la jambe. Si c\u2019est la t\u00eate qui pique, il est \u00e9vident que gratter votre jambe ne vous soulagera gu\u00e8re. De la m\u00eame mani\u00e8re, quand la souffrance appara\u00eet, nous ne savons pas comment y faire face&nbsp;; nous ne connaissons pas la pratique qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Prenez ce corps, par exemple, celui que chacun de nous a apport\u00e9 avec lui en venant ici. Si nous ne voyons que la forme du corps, il n\u2019y aura aucun moyen d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la souffrance. Pourquoi&nbsp;? Parce que nous ne voyons pas encore l\u2019int\u00e9rieur du corps, nous ne voyons que l\u2019ext\u00e9rieur. Nous le voyons comme quelque chose de beau, de r\u00e9el. Mais le Bouddha a dit que ce n\u2019\u00e9tait pas suffisant. Nous voyons l\u2019ext\u00e9rieur avec les yeux&nbsp;; un enfant peut le voir, un animal peut le voir \u2013 ce n\u2019est pas difficile. Mais une fois que nous l\u2019avons vu, nous nous y attachons et nous n\u2019en connaissons pas la v\u00e9rit\u00e9. Nous attrapons le serpent et il nous mord&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0 pourquoi nous devons \u00e9tudier le corps dans le corps. Quoi que ce corps contienne, allez-y, observez-le&nbsp;! Si nous ne regardons que l\u2019ext\u00e9rieur, ce n\u2019est pas clair. Nous voyons des cheveux, des ongles, etc. \u2013 mais ce sont de jolies choses, elles nous attirent. Alors, le Bouddha nous a recommand\u00e9 de regarder l\u2019int\u00e9rieur du corps, de voir le corps dans le corps. Qu\u2019y a-t-il dans le corps&nbsp;? Regardons de pr\u00e8s, \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Nous d\u00e9couvrirons des choses tout \u00e0 fait surprenantes parce que, m\u00eame si elles sont en nous, nous ne les avons jamais vues. Nous les transportons avec nous partout o\u00f9 nous allons \u2013 en marchant, assis dans une voiture, etc. \u2013 mais nous ne les connaissons pas le moins du monde pour autant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est comme si vous rendez visite \u00e0 des gens et qu\u2019ils vous offrent un cadeau. Vous le mettez dans votre sac sans l\u2019ouvrir, sans voir ce qu\u2019il contient et vous l\u2019emportez chez vous. Plus tard, vous l\u2019ouvrez&#8230; et d\u00e9couvrez qu\u2019il est plein de serpents venimeux&nbsp;! Il en va de m\u00eame avec notre corps. Si nous ne voyons que l\u2019enveloppe, nous disons qu\u2019il est bien et beau. Nous oublions tout. Nous oublions l\u2019impermanence, la souffrance et le non-soi. Par contre, si nous regardons l\u2019int\u00e9rieur de ce corps, nous voyons qu\u2019il peut aussi \u00eatre vu comme quelque chose de r\u00e9pugnant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand nous regardons avec r\u00e9alisme, sans essayer de dorer la pilule, nous voyons que ce corps est pitoyable et inint\u00e9ressant. Alors le d\u00e9tachement appara\u00eet. Ce sentiment de d\u00e9sint\u00e9r\u00eat ne signifie pas que nous ressentons de l\u2019aversion&nbsp;; c\u2019est simplement que notre esprit voit plus clair et, de ce fait, il l\u00e2che prise. Nous voyons que tout est sans substance, que rien n\u2019est s\u00fbr, que les choses existent de mani\u00e8re naturelle exactement comme elles sont. M\u00eame si nous aimerions qu\u2019elles soient autrement, elles continuent \u00e0 suivre leur cours naturel. Que nous pleurions ou riions, elles sont comme elles sont. Les choses qui sont incertaines sont incertaines, et ce qui n\u2019est pas beau n\u2019est pas beau.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha a donc dit que, lorsque nous faisons l\u2019exp\u00e9rience de formes, de sons, de saveurs, d\u2019odeurs, de sensations physiques ou d\u2019\u00e9tats mentaux, nous devons les laisser aller. Quand les oreilles entendent un son, laissez-le passer. Quand le nez sent une odeur, laissez-la passer \u2013 qu\u2019elle reste au niveau du nez et n\u2019aille pas se nicher dans votre t\u00eate&nbsp;! Quand des sensations physiques sont ressenties, l\u00e2chez le \u00ab&nbsp;j\u2019aime&nbsp;\u00e7a \u00bb ou le \u00ab&nbsp;je n\u2019aime pas \u00e7a&nbsp;\u00bb qui les accompagne et laissez-les repartir d\u2019o\u00f9 elles viennent. M\u00eame chose pour les \u00e9tats mentaux. Toutes ces choses, laissez-les suivre leur cours naturel \u2013 c\u2019est cela conna\u00eetre, \u00eatre conscient. Qu\u2019il s\u2019agisse de bonheur ou de malheur, agissez toujours de m\u00eame. Voil\u00e0 ce qu\u2019est la m\u00e9ditation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous m\u00e9ditons pour apaiser l\u2019esprit de fa\u00e7on \u00e0 ce que la sagesse puisse se manifester. Cela implique que nous pratiquions avec le corps et l\u2019esprit de fa\u00e7on \u00e0 voir et conna\u00eetre la nature r\u00e9elle des impressions sensorielles que sont les formes, les sons, les saveurs, les odeurs, les contacts physiques et les formations mentales. En bref, ce n\u2019est qu\u2019une histoire de bonheur et de malheur. Le bonheur, c\u2019est une sensation agr\u00e9able dans l\u2019esprit&nbsp;; le malheur n\u2019est qu\u2019une sensation<a href=\"#_ftn2\" id=\"_ftnref2\">[2]<\/a> d\u00e9sagr\u00e9able. Le Bouddha nous a appris \u00e0 faire la distinction entre ces sentiments de bonheur ou de malheur et l\u2019esprit lui-m\u00eame. L\u2019esprit est \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb. La sensation (ou le sentiment) est la caract\u00e9ristique du bonheur et du malheur, du \u00ab&nbsp;j\u2019aime&nbsp;\u00bb et du \u00ab&nbsp;je n\u2019aime pas&nbsp;\u00bb. Quand l\u2019esprit se compla\u00eet dans ces sensations, nous disons qu\u2019il s\u2019attache ou encore qu\u2019il croit que ce bonheur et ce malheur valent la peine que l\u2019on s\u2019y attache. Cet attachement est une action de l\u2019esprit, tandis que le bonheur et le malheur sont des sensations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand le Bouddha nous dit de faire la distinction entre l\u2019esprit et les sensations, cela ne veut pas dire, au sens litt\u00e9ral, qu\u2019il faut les jeter dans des endroits diff\u00e9rents&nbsp;mais simplement que l\u2019esprit doit avoir une pleine conscience du bonheur et une pleine conscience du malheur. Par exemple, quand nous sommes assis en <em>samadhi<\/em> et que la paix emplit l\u2019esprit, si la joie appara\u00eet, elle ne nous atteint pas, et si le chagrin appara\u00eet, il ne nous atteint pas. Voil\u00e0 ce que signifie faire la distinction entre les sensations et l\u2019esprit. Nous pouvons comparer cela \u00e0 de l\u2019huile et de l\u2019eau dans une m\u00eame bouteille&nbsp;: elles ne se m\u00e9langent pas. M\u00eame si on secoue la bouteille, l\u2019huile reste de l\u2019huile et l\u2019eau reste de l\u2019eau parce que leur densit\u00e9 est diff\u00e9rente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00e9tat naturel de l\u2019esprit n\u2019est ni le bonheur ni le malheur. C\u2019est quand une sensation p\u00e9n\u00e8tre dans l\u2019esprit que le sentiment de bonheur ou de malheur prend naissance. Mais, si nous sommes attentifs, nous prenons conscience qu\u2019une sensation agr\u00e9able n\u2019est qu\u2019une sensation agr\u00e9able. L\u2019esprit qui est conscient ne va pas s\u2019en saisir pour dire&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis heureux&nbsp;\u00bb. La sensation de bonheur est pr\u00e9sente mais elle demeure ext\u00e9rieure \u00e0 l\u2019esprit, elle n\u2019est pas \u00ab&nbsp;en&nbsp;\u00bb lui&nbsp;; l\u2019esprit a simplement une claire conscience de la sensation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si nous s\u00e9parons le malheur de l\u2019esprit, cela signifie-t-il qu\u2019il n\u2019y a plus de souffrance, que nous ne la ressentons plus&nbsp;? Si, nous la ressentons mais nous voyons clairement l\u2019esprit comme l\u2019esprit et la sensation comme la sensation. Par cons\u00e9quent, nous ne nous attachons pas \u00e0 la sensation, nous ne la portons pas avec nous en nous identifiant \u00e0 elle. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la sagesse que le Bouddha a pu s\u00e9parer les choses ainsi. A-t-il ressenti de la souffrance&nbsp;? Oui, il a connu des sensations de souffrance mais il ne s\u2019y est pas attach\u00e9, il ne les a pas port\u00e9es dans son esprit. C\u2019est pourquoi nous disons qu\u2019il a fait la distinction entre son esprit et les sensations de bonheur et de malheur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand nous disons que le Bouddha et tous les \u00c9veill\u00e9s ont \u00ab&nbsp;tu\u00e9&nbsp;\u00bb les pollutions de l\u2019esprit, on ne peut pas dire qu\u2019ils les aient supprim\u00e9es compl\u00e8tement \u2013 sinon, il est probable que nous n\u2019en aurions plus. Ils n\u2019ont pas vraiment tu\u00e9 les pollutions mais, comme ils en connaissaient la nature, ils les ont laiss\u00e9 aller. Quelqu\u2019un de stupide s\u2019en emparerait mais les \u00c9veill\u00e9s ont compris que les pollutions de l\u2019esprit sont un poison, alors ils les ont balay\u00e9es. Ils ont balay\u00e9 le plancher de tout ce qui les faisait souffrir. Ceux qui ignorent cela, voyant quelque chose qu\u2019ils consid\u00e8rent comme bon \u2013 comme le plaisir \u2013 vont s\u2019en emparer&nbsp;; mais le Bouddha a vu toutes les choses telles qu\u2019elles \u00e9taient et il les a purement et simplement balay\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha savait que, puisque le bonheur et le malheur sont insatisfaisants, ils ont la m\u00eame valeur. Quand le bonheur apparaissait, il le laissait passer. Sa pratique \u00e9tait juste car il voyait que ces deux oppos\u00e9s ont la m\u00eame valeur et les m\u00eames inconv\u00e9nients&nbsp;: ils subissent la loi du Dhamma. Autrement dit, ils sont changeants et insatisfaisants&nbsp;; une fois apparus, ils disparaissent. Quand le Bouddha vit cela, la Vision Juste \u00e9mergea&nbsp;; la fa\u00e7on juste de pratiquer se fit claire. Quelles que soient les sensations ou les pens\u00e9es qui lui venaient \u00e0 l\u2019esprit, il les consid\u00e9rait comme le jeu continu du bonheur et du malheur, et il ne s\u2019y attachait pas.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Juste apr\u00e8s son \u00c9veil, le Bouddha donna un sermon sur les extr\u00eames du plaisir et de la mortification. \u00ab&nbsp;Moines&nbsp;! Se complaire dans les plaisirs est la voie du rel\u00e2chement&nbsp;; se complaire dans la mortification est la voie de la tension.&nbsp;\u00bb Ces deux extr\u00eames avaient perturb\u00e9 sa pratique jusqu\u2019au jour de son \u00c9veil parce qu\u2019il avait du mal \u00e0 les laisser aller. Mais, apr\u00e8s les avoir pleinement compris, il l\u00e2cha prise et c\u2019est ainsi qu\u2019il put donner son premier sermon.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par cons\u00e9quent, nous disons qu\u2019un m\u00e9ditant ne devrait pas suivre la voie du bonheur ou du malheur&nbsp;; il doit plut\u00f4t les conna\u00eetre pour ce qu\u2019ils sont. Connaissant la v\u00e9rit\u00e9 de la souffrance, il conna\u00eetra la cause de la souffrance, la fin de la souffrance et la Voie qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance. Et la Voie qui nous lib\u00e8re de la souffrance, c\u2019est la m\u00e9ditation. En termes simples&nbsp;: nous devons \u00eatre attentifs et vigilants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019attention, c\u2019est conna\u00eetre clairement, c\u2019est la pr\u00e9sence consciente. Que suis-je en train de penser \u00e0 cet instant m\u00eame&nbsp;? Que suis-je en train de faire&nbsp;? Qu\u2019est-ce que je porte en moi&nbsp;? Nous observons tout cela, nous sommes conscients de la fa\u00e7on dont nous vivons. Quand nous pratiquons ainsi, la sagesse peut \u00e9merger. Nous observons les choses et nous les approfondissons \u00e0 tout moment, dans toutes les postures. Quand une impression mentale de bonheur appara\u00eet, nous savons ce qu\u2019elle vaut, nous ne la prenons pas pour quelque chose de substantiel. C\u2019est simplement du bonheur. Quand le malheur appara\u00eet, nous le reconnaissons \u00e9galement et nous savons que se complaire dans le malheur n\u2019est pas la voie d\u2019un m\u00e9ditant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0 ce que nous appelons faire la distinction entre l\u2019esprit et les sensations. Si nous sommes malins, nous ne nous attachons pas aux diff\u00e9rentes sensations, nous les laissons aller. Nous devenons \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb. L\u2019esprit et les sensations sont comme l\u2019huile et l\u2019eau&nbsp;: ils sont dans la m\u00eame bouteille mais ils ne se m\u00e9langent pas. M\u00eame si nous sommes malades ou si nous souffrons, nous savons faire clairement la distinction entre la sensation douloureuse et l\u2019esprit. Nous sommes conscients des \u00e9tats douloureux ou de bien-\u00eatre mais nous ne nous identifions pas \u00e0 eux. Nous restons seulement avec le sentiment de paix, cette paix qui est au-del\u00e0 du confort et de la douleur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Voil\u00e0 comment vous devez vivre&nbsp;: sans bonheur et sans malheur. Demeurez simplement avec la claire conscience de ce qui est, et ne portez pas le fardeau des sensations.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tant que nous ne connaissons pas l\u2019\u00c9veil, tout cela peut para\u00eetre \u00e9trange mais c\u2019est sans importance&nbsp;; nous orientons notre objectif dans cette direction. L\u2019esprit est l\u2019esprit. Il rencontre le bonheur et le malheur, et nous consid\u00e9rons ces deux types de sensations simplement comme des sensations, sans rien y rajouter. Ils demeurent s\u00e9par\u00e9s de l\u2019esprit, ils ne s\u2019y m\u00e9langent pas. S\u2019ils se m\u00e9langent, nous ne pourrons pas les conna\u00eetre pour ce qu\u2019ils sont vraiment. C\u2019est comme vivre dans une maison&nbsp;: la maison et ses occupants sont li\u00e9s mais s\u00e9par\u00e9s. Si notre maison est en danger, nous sommes inquiets et nous devons la prot\u00e9ger mais, si elle prend feu, nous sortons. De m\u00eame, si une sensation douloureuse appara\u00eet, nous sortons, tout simplement.&nbsp; Quand nous savons que l\u2019incendie est l\u00e0, nous sortons en courant. La maison est une chose et l\u2019occupant est autre chose&nbsp;; ils sont s\u00e9par\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous disons que nous s\u00e9parons l\u2019esprit et les sensations de cette mani\u00e8re mais, en fait, par nature ils sont d\u00e9j\u00e0 s\u00e9par\u00e9s. Notre compr\u00e9hension consiste \u00e0 prendre conscience de la r\u00e9alit\u00e9 naturelle de cette s\u00e9paration. Si nous pr\u00e9tendons qu\u2019ils ne sont pas s\u00e9par\u00e9s, c\u2019est parce que nous nous y attachons dans notre ignorance de la V\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha nous a recommand\u00e9 de m\u00e9diter. Cette pratique de la m\u00e9ditation est tr\u00e8s importante. Savoir les choses uniquement sur le plan intellectuel ne suffit pas. La connaissance qui vient quand on pratique avec un esprit paisible et la connaissance qui vient de l\u2019\u00e9tude sont vraiment tr\u00e8s \u00e9loign\u00e9es l\u2019une de l\u2019autre. La connaissance qui vient de l\u2019\u00e9tude n\u2019est pas une v\u00e9ritable connaissance. Nous nous y attachons mais pourquoi&nbsp;? Nous la perdons aussit\u00f4t&nbsp;! Et quand elle est perdue, nous pleurons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si nous comprenons vraiment, il y a un l\u00e2cher-prise, nous laissons les choses \u00eatre. Nous connaissons la nature des choses et nous ne l\u2019oublions pas. Si nous tombons malades, nous ne nous perdons pas dans les sensations douloureuses. Certaines personnes disent&nbsp;: \u00ab&nbsp;Cette ann\u00e9e, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tout le temps malade, je n\u2019ai pas pu m\u00e9diter du tout.&nbsp;\u00bb Ce sont les paroles de quelqu\u2019un de vraiment stupide. Si on est malade ou mourant, on doit \u00eatre tout particuli\u00e8rement diligent dans sa pratique. Certains disent qu\u2019ils n\u2019ont pas le temps de m\u00e9diter&nbsp;: ils sont malades, ils souffrent, ils ne font pas confiance \u00e0 leur corps et ils en concluent qu\u2019ils ne peuvent pas m\u00e9diter. Si c\u2019est ce que vous pensez, ce sera difficile pour vous&nbsp;; mais ce n\u2019est pas ce que le Bouddha a enseign\u00e9. Il a dit que le meilleur moment pour m\u00e9diter \u00e9tait cet instant-ci, maintenant. C\u2019est quand nous sommes malades ou mourants que nous pouvons vraiment conna\u00eetre et voir la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u2019autres personnes disent qu\u2019elles n\u2019ont pas l\u2019occasion de m\u00e9diter parce qu\u2019elles sont trop occup\u00e9es. Parfois des professeurs d\u2019\u00e9cole viennent me voir. Ils me disent qu\u2019ils ont beaucoup de responsabilit\u00e9s et qu\u2019ils n\u2019ont donc pas le temps de m\u00e9diter. Je leur demande&nbsp;: \u00ab&nbsp;Comment se fait-il que vous ayez le temps de respirer si votre travail est si prenant et si agit\u00e9&nbsp;?&nbsp;\u00bb L\u00e0, vous \u00eates loin du Dhamma.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9alit\u00e9, cette pratique concerne simplement l\u2019esprit et les sensations qu\u2019il per\u00e7oit. Ce n\u2019est pas quelque chose que l\u2019on doive poursuivre ou obtenir \u00e0 toute force. La respiration continue pendant que l\u2019on travaille. La nature prend soin des processus naturels&nbsp;; tout ce que nous avons \u00e0 faire, c\u2019est essayer d\u2019\u00eatre conscients. Simplement continuer \u00e0 essayer, se tourner vers l\u2019int\u00e9rieur pour voir clairement. C\u2019est cela, la m\u00e9ditation.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si nous avons cette pr\u00e9sence consciente, quelle que soit notre activit\u00e9, elle devient l\u2019outil qui nous permet continuellement d\u2019\u00eatre conscients du juste et du faux. Il y a beaucoup de temps pour m\u00e9diter&nbsp;; c\u2019est simplement que nous ne comprenons pas bien la pratique. Pendant que nous dormons, nous respirons&nbsp;; en mangeant, nous respirons, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Pourquoi n\u2019avons-nous pas le temps de m\u00e9diter&nbsp;? O\u00f9 que nous soyons, nous respirons. Si nous r\u00e9fl\u00e9chissons ainsi, notre vie prend autant d\u2019importance que notre respiration&nbsp;: o\u00f9 que nous soyons, nous avons le temps de m\u00e9diter.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes les formes de pens\u00e9e sont des ph\u00e9nom\u00e8nes mentaux, pas des ph\u00e9nom\u00e8nes physiques. Donc nous devons seulement avoir une pr\u00e9sence consciente de l\u2019esprit \u00e0 ce qui se passe. D\u00e8s lors, nous saurons reconna\u00eetre le juste et le faux \u00e0 tout moment. Debout, assis, en marchant et couch\u00e9s, il y a beaucoup de temps&nbsp;; mais nous ne savons pas comment l\u2019utiliser correctement. R\u00e9fl\u00e9chissez \u00e0 cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand nous avons cette connaissance, nous sommes quelqu\u2019un de comp\u00e9tent pour ce qui concerne l\u2019esprit et les impressions mentales. Quand nous sommes comp\u00e9tents dans les impressions mentales, nous sommes comp\u00e9tents dans le monde. Nous devenons \u00ab&nbsp;connaisseurs du monde&nbsp;\u00bb, l\u2019une des neuf qualit\u00e9s du Bouddha. Le Bouddha avait une connaissance parfaitement lucide du monde et de toutes ses difficult\u00e9s. Il savait que ce qui est d\u00e9plaisant et ce qui n\u2019est pas d\u00e9plaisant \u00e9taient tous deux pr\u00e9sents, ici m\u00eame. Ce monde est tellement d\u00e9routant, comment le Bouddha a-t-il pu en obtenir la connaissance&nbsp;? C\u2019est l\u00e0 que nous devons comprendre que le Dhamma enseign\u00e9 par le Bouddha est \u00e0 notre port\u00e9e. En toute circonstance, nous devons \u00eatre attentifs et pr\u00e9sents \u00e0 ce qui est et, quand arrive le moment d\u2019aller m\u00e9diter, nous nous asseyons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous nous asseyons en m\u00e9ditation pour apaiser l\u2019esprit et pour d\u00e9velopper une \u00e9nergie mentale \u2013 pas pour nous amuser. La m\u00e9ditation de la vision p\u00e9n\u00e9trante est d\u00e9j\u00e0 dans le <em>samadhi<\/em>. Dans certains lieux de pratique, on dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Nous allons commencer par nous asseoir en <em>samadhi<\/em> et ensuite nous passerons \u00e0 la m\u00e9ditation de la vision p\u00e9n\u00e9trante.&nbsp;\u00bb Ne les s\u00e9parez pas ainsi&nbsp;! Le calme du <em>samadhi<\/em> est la base qui engendre la sagesse&nbsp;; la sagesse est le fruit de ce calme. On ne peut pas dire que l\u2019on va d\u00e9velopper le calme maintenant pour ensuite passer \u00e0 la vision p\u00e9n\u00e9trante&nbsp;! On ne peut les s\u00e9parer qu\u2019en paroles. C\u2019est comme un couteau&nbsp;: il a un manche et une lame qui ne peuvent pas \u00eatre s\u00e9par\u00e9s&nbsp;: si vous soulevez l\u2019un, l\u2019autre suit. Le calme engendre la sagesse de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une bonne moralit\u00e9 \u2013 voil\u00e0 la m\u00e8re et le p\u00e8re du Dhamma&nbsp;! D\u00e8s le d\u00e9part, nous devons \u00eatre vertueux. La vertu, c\u2019est la paix. Cela signifie que l\u2019on ne fait rien de mauvais, en actes comme en paroles. Quand on n\u2019agit pas mal, on n\u2019est pas nerveux&nbsp;; quand on n\u2019est pas nerveux, la paix et la concentration peuvent appara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous disons que la vertu, la concentration et la sagesse sont la Voie qu\u2019ont suivie les Nobles \u00catres pour atteindre l\u2019\u00c9veil. En r\u00e9alit\u00e9, les trois ne font qu\u2019un&nbsp;: la moralit\u00e9 permet la concentration et la concentration engendre la moralit\u00e9&nbsp;; la concentration engendre la sagesse et la sagesse permet la concentration. C\u2019est comme une mangue. Quand elle est \u00e0 l\u2019\u00e9tat de fleur, on l\u2019appelle une fleur&nbsp;; quand elle devient un fruit, on l\u2019appelle une mangue&nbsp;; quand elle m\u00fbrit, on l\u2019appelle une mangue m\u00fbre. C\u2019est toujours une seule et m\u00eame chose mais elle change continuellement. La grosse mangue vient de la petite mangue, la petite mangue devient grosse. On peut dire qu\u2019il s\u2019agit de diff\u00e9rents fruits ou d\u2019un seul. A partir du moment o\u00f9 elle appara\u00eet \u00e0 l\u2019\u00e9tat de fleur, la mangue se d\u00e9veloppe simplement jusqu\u2019\u00e0 maturit\u00e9. C\u2019est suffisant. Les noms que l\u2019on pourra lui donner importent peu. Une fois n\u00e9e, elle se d\u00e9veloppe jusqu\u2019\u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9 \u2013 et ensuite&nbsp;? Nous devons contempler cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certaines personnes ne veulent pas vieillir. Quand elles vieillissent, elles tombent dans la d\u00e9pression. Ces gens ne devraient pas manger de mangues m\u00fbres&nbsp;! Pourquoi voulons-nous que les mangues m\u00fbrissent&nbsp;? Si elles ne m\u00fbrissent pas \u00e0 temps, on les fait m\u00fbrir artificiellement, n\u2019est-ce pas&nbsp;? Mais quand nous vieillissons, nous sommes pleins de regrets. Certains pleurent tant ils ont peur de vieillir ou de mourir. Si c\u2019est le cas, ils ne devraient pas manger de mangues m\u00fbres&nbsp;; ils n\u2019ont qu\u2019\u00e0 manger les fleurs&nbsp;! Si nous arrivons \u00e0 voir cela, nous pouvons voir le Dhamma. Tout s\u2019\u00e9claircit, nous sommes en paix. Prenez simplement la d\u00e9cision de pratiquer ainsi.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Vous devriez prendre ce que j\u2019ai dit et le contempler. S\u2019il y a des erreurs, veuillez m\u2019en excuser. Vous ne saurez si c\u2019est juste ou faux que si vous pratiquez et voyez par vous-m\u00eames. Ce qui est faux, jetez-le. Si c\u2019est juste, prenez-le et utilisez-le. En r\u00e9alit\u00e9, nous pratiquons pour finir par l\u00e2cher aussi bien le juste que le faux. Au bout du compte, nous l\u00e2chons tout. Si c\u2019est juste, jetez-le&nbsp;; faux, jetez-le&nbsp;! En g\u00e9n\u00e9ral, si c\u2019est juste, nous nous attachons \u00e0 cette v\u00e9rit\u00e9 et si c\u2019est faux, nous insistons sur le fait que c\u2019est faux et les disputes commencent. Mais, dans le Dhamma, il n\u2019y a rien. Rien du tout.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);\"><a href=\"#_ftnref1\" id=\"_ftn1\">[1]<\/a> Cet enseignement se trouve dans le discours du Bouddha sur les Quatre Fondements de l\u2019Attention.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);\"><a href=\"#_ftnref2\" id=\"_ftn2\">[2]<\/a> \u00ab&nbsp;Sensation&nbsp;\u00bb est la traduction du mot pali <em>vedan\u0101<\/em>. Il recouvre \u00e0 la fois la sensation physique et le ressenti qui l\u2019accompagne. Dans ce contexte, il doit \u00eatre compris dans le sens o\u00f9 le d\u00e9crit Ajahn Chah&nbsp;: les \u00e9tats mentaux agr\u00e9ables et d\u00e9sagr\u00e9ables.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait du livre d&rsquo;Ajahn Chah \u00ab&nbsp;M\u00e9ditation et sagesse&nbsp;\u00bb Traduction de Jeanne Schut Version condens\u00e9e d\u2019un enseignement donn\u00e9 au Premier Conseiller de Tha\u00eflande, M. Sanya Dharmasakti, \u00e0 Wat Pah Pong, en 1978. Il est extr\u00eamement important que nous pratiquions le Dhamma. Si nous ne pratiquons pas, toute notre connaissance n\u2019est que superficielle, une simple coquille externe. [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"parent":0,"menu_order":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","template":"","meta":{"footnotes":""},"class_list":["post-1268","page","type-page","status-publish","hentry"],"jetpack_sharing_enabled":true,"amp_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1268","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/page"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1268"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1268\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1725,"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/pages\/1268\/revisions\/1725"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1268"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}