{"id":1412,"date":"2026-05-08T12:05:58","date_gmt":"2026-05-08T12:05:58","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=1412"},"modified":"2026-05-08T12:10:30","modified_gmt":"2026-05-08T12:10:30","slug":"le-bouddha-est-le-citta","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/le-bouddha-est-le-citta\/","title":{"rendered":"Le Bouddha est le citta"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.786), 21px);\"><strong>Ajahn dune Atulo<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);text-transform:none\">Traduction de Jeanne Schut<\/h2>\n\n\n\n<h4 class=\"wp-block-heading has-text-align-left\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.682), 20px);text-transform:none\"><small><em>Les enseignements qui suivent sont extraits du livre \u00ab\u00a0Atulo\u00a0\u00bb, \u00e9crit par le V\u00e9n\u00e9rable Bodhinandamuni, l\u2019un des plus fid\u00e8les disciples d\u2019Ajahn Dune. Ce grand ma\u00eetre, lui-m\u00eame disciple d\u2019Ajahn Mun, n\u2019a jamais rien \u00e9crit, parlait peu et aucun de ses discours n\u2019a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9. Sa m\u00e9thode d\u2019enseignement \u00e9tait directe, sans d\u00e9tour et le plus souvent orient\u00e9e vers la v\u00e9rit\u00e9 ultime, sans fioriture.<\/em><\/small><br><small><em>Le mot p\u0101li \u00ab\u00a0citta\u00a0\u00bb\u00a0a  \u00e9t\u00e9 maintenu tout au long de ce texte car son sens, tel que d\u00e9crit par Ajahn Dune, est tr\u00e8s vaste. Par souci de clart\u00e9 et de simplification, nous l\u2019avons parfois traduit par le mot \u00ab\u00a0esprit\u00a0\u00bb, comme dans le titre.<\/em><\/small><\/h4>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(16.834px, 1.052rem + ((1vw - 3.2px) * 1.042), 26px);\"><em>R\u00e9aliser la nature v\u00e9ritable de l&rsquo;esprit<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Tous les Etres \u00e9veill\u00e9s et tous les \u00eatres qui peuplent ce monde ne sont rien d\u2019autre que le <em>citta<\/em>, l\u2019Esprit unique. Absolument rien n\u2019existe en dehors du citta. Le citta unique, libre du \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb conventionnel, n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 et ne pourra jamais \u00eatre d\u00e9truit. Il n\u2019a pas de couleur, pas de forme ni d\u2019apparence. Il n\u2019est pas \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur des choses qui existent ni des choses qui n\u2019existent pas. On ne peut pas supposer qu\u2019il soit r\u00e9cent ou ancien, long ou court, grand ou petit, parce qu\u2019il est au-del\u00e0 de toute limite, au-del\u00e0 de toute mesure, au-del\u00e0 des \u00e9tiquettes. Il ne laisse aucune trace et ne peut se comparer \u00e0 rien.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta <\/em>unique est juste sous nos yeux mais faire usage de la raison pour le concevoir comme un objet ou comme un \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb est impossible. Essayez et vous verrez&nbsp;! On tombe aussit\u00f4t dans l\u2019erreur. C\u2019est comme un grand vide&nbsp;: il est sans limite et on ne peut ni le concevoir ni le mesurer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce<em> citta<\/em> unique, voil\u00e0 ce qu\u2019est le Bouddha&nbsp;; rien de plus. Il n\u2019y a aucune diff\u00e9rence entre le Bouddha et tous les autres \u00eatres, sauf que les autres s\u2019attachent \u00e0 toutes sortes de choses dans le monde&nbsp;; ils vont m\u00eame chercher <em>Buddha bhava<\/em>, \u00ab&nbsp;la&nbsp;nature de Bouddha&nbsp;\u00bb, en dehors d\u2019eux-m\u00eames. C\u2019est justement cette qu\u00eate \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur qui les emp\u00eache de voir la nature de Bouddha. C\u2019est comme utiliser le Bouddha pour trouver le Bouddha ou utiliser l\u2019esprit pour trouver l\u2019esprit. Ils pourront y mettre toute leur \u00e9nergie pendant des si\u00e8cles et des si\u00e8cles, ils ne r\u00e9aliseront jamais la nature de Bouddha.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qu\u2019ils ne savent pas, c\u2019est que, s\u2019ils cessent de penser et d\u2019imaginer, s\u2019ils mettent fin \u00e0 la confusion mentale li\u00e9e \u00e0 cette qu\u00eate, \u00ab&nbsp;le Bouddha&nbsp;\u00bb appara\u00eetra sous leurs yeux parce que le <em>citta<\/em>, l\u2019Esprit lui-m\u00eame, est le Bouddha.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha est simplement tous les \u00eatres vivants. Quand quelqu\u2019un d\u00e9couvre cela, ce n\u2019est pas une mince affaire et quand un Bouddha le voit, ce n\u2019est rien de sp\u00e9cial. Si nous pratiquons les Dix Perfections (<em>paramitta<\/em>) ou l\u2019une des nombreuses fa\u00e7ons d\u2019acqu\u00e9rir des m\u00e9rites, m\u00eame au point d\u2019avoir autant de m\u00e9rites qu\u2019il y a de grains de sable au fond du Gange, nous devons tenir compte de ces choses-l\u00e0. Si, dans tous nos actes, nous sommes fermement \u00e9tablis dans la V\u00e9rit\u00e9, cela signifie que notre esprit est le <em>citta<\/em> unique et que, d\u00e9j\u00e0, nous ne faisons qu\u2019un avec tous les \u00catres \u00e9veill\u00e9s. Nous ne devons pas essayer d\u2019ajouter quoi que ce soit \u00e0 cela au travers de pratiques qui n\u2019ont aucun sens car tout est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0. Si l\u2019occasion se pr\u00e9sente, faites ces pratiques mais, ensuite, contentez-vous \u00ab&nbsp;d\u2019\u00eatre&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si vous ne voyez pas encore clairement et sans le moindre doute, que le <em>citta<\/em>, cet Esprit unique, est synonyme de \u00ab&nbsp;Bouddha&nbsp;\u00bb, si vous restez attach\u00e9 aux formes, aux rituels et aux coutumes consistant \u00e0 accumuler des m\u00e9rites, c\u2019est que votre vision des choses est encore erron\u00e9e&nbsp;; elle n\u2019est pas en accord avec la Voie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019Esprit unique, voil\u00e0 ce qu\u2019est le Bouddha. Il n\u2019existe aucun autre Bouddha, nulle part&nbsp;; il n\u2019existe aucun autre Esprit, nulle part. Il est aussi lumineux et parfait que le vide&nbsp;; il n\u2019a aucune forme, aucune apparence. Si nous n\u2019utilisons notre esprit que pour imaginer et r\u00eaver, c\u2019est comme jeter aux ordures ce qui a du sens pour nous attacher aux formes, lesquelles ne sont qu\u2019ext\u00e9rieures. Le Bouddha qui est au-del\u00e0 du temps n\u2019est pas le Bouddha auquel nous sommes attach\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on pratique les Six Perfections (g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9, vertu, patience, effort, attention et sagesse) ainsi que toutes les autres m\u00e9thodes similaires pour devenir un Bouddha, on avance petit \u00e0 petit. Mais ce n\u2019est pas l\u00e0 que se trouve le Bouddha \u00e9ternel dont je parle. Atteindre l\u2019\u00e9tat de Bouddha ne s\u2019obtient pas \u00e0 travers ces pratiques ou m\u00e9thodes mais en s\u2019\u00e9veillant et en ouvrant nos yeux au <em>citta <\/em>unique. Il n\u2019y a rien \u00e0 atteindre. Voil\u00e0 le v\u00e9ritable Bouddha. Ce <em>citta <\/em>contient \u00e0 lui seul le Bouddha et toute chose \u2013 tout est l\u00e0. Il n\u2019existe rien en dehors de cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta<\/em> est comme la vacuit\u00e9&nbsp;: en lui il n\u2019y a ni confusion ni mal. C\u2019est comme lorsque le soleil traverse le vide de l\u2019espace : ses rayons et sa lumi\u00e8re emplissent tous les recoins de la terre parce que, quand le soleil se l\u00e8ve, il illumine toute la terre de mani\u00e8re \u00e9gale. Le vide ne devient pas plus lumineux et, quand le soleil se couche, le vide ne s\u2019assombrit pas. Lumi\u00e8re et ombre sont interchangeables. La nature du vide ne change jamais.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta<\/em>, qui est Bouddha et tous les \u00eatres du monde, est ainsi. Si nous consid\u00e9rons le Bouddha comme celui qui a apport\u00e9 puret\u00e9 et connaissance, ou si nous consid\u00e9rons les \u00eatres humains comme \u00e9tant stupides, aveugles et perdus, ces sentiments et ces id\u00e9es sont le r\u00e9sultat de nos pens\u00e9es et de notre saisie des apparences. Cette fa\u00e7on de voir nous emp\u00eache de r\u00e9aliser la V\u00e9rit\u00e9 ultime. M\u00eame si nous pratiquions pendant autant de si\u00e8cles qu\u2019il y a de grains de sable au fond du Ganges, il ne resterait que le <em>citta<\/em>, cet Esprit unique. Il n\u2019y aurait rien d\u2019autre, pas m\u00eame la pr\u00e9sence d\u2019un seul atome, parce que le <em>citta<\/em> est Bouddha.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si nous, qui sommes des \u00e9tudiants sur la Voie, n\u2019ouvrons pas les yeux \u00e0 ce qui est l\u2019essence, le <em>citta<\/em>, nos id\u00e9es et nos pens\u00e9es nous dissimuleront ce <em>citta<\/em>. Nous rechercherons le Bouddha \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur et resterons attach\u00e9s \u00e0 toutes les apparences, tout en pratiquant aveugl\u00e9ment des rituels pour acqu\u00e9rir des m\u00e9rites et autres choses de ce genre. Tout cela est dangereux et ne m\u00e8ne aucunement \u00e0 la connaissance la plus \u00e9lev\u00e9e. L\u2019essence de la V\u00e9rit\u00e9 ultime est comme du bois ou de la pierre&nbsp;: \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, rien ne bouge et, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, c\u2019est le vide illimit\u00e9, sans barri\u00e8res. Il ne s\u2019agit ni d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne mental ni d\u2019un ph\u00e9nom\u00e8ne physique. Le <em>citta<\/em> ne se pose nulle part, il n\u2019a pas de forme et il ne peut pas dispara\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta<\/em> n\u2019est pas l\u2019esprit cr\u00e9\u00e9 par les pens\u00e9es. Il est totalement diff\u00e9rent&nbsp;; il n\u2019a aucun lien avec les objets du monde physique. C\u2019est vrai pour tous les \u00catres \u00e9veill\u00e9s et pour tous les \u00eatres du monde. <strong>Tout ce qu\u2019il y a \u00e0 faire, c\u2019est se lib\u00e9rer des pens\u00e9es et des opinions<\/strong> et tous nos buts seront atteints&nbsp;! Le v\u00e9ritable principe du Dhamma est le<em> citta<\/em>, l\u2019Esprit unique&nbsp;; tout ce qui lui est ext\u00e9rieur n\u2019est absolument pas un principe du Dhamma. Le <em>citta<\/em> est le principe du Dhamma&nbsp;; en dehors de cela, ce n\u2019est pas le <em>citta<\/em>. Le <em>citta <\/em>seul n\u2019est pas le <em>citta<\/em> et, de toute mani\u00e8re, il n\u2019est pas \u2013 pas le <em>citta<\/em>. Si je dis&nbsp;: \u00ab&nbsp;Le <em>citta<\/em> n\u2019est pas&nbsp;le <em>citta<\/em>&nbsp;\u00bb, c\u2019est parce que certaines choses, bien qu\u2019elles existent, sont impossibles \u00e0 exprimer avec le langage conventionnel. Il faut donc compl\u00e8tement cesser de penser et d\u2019expliquer. Quand il n\u2019y aura plus de mots, le <em>citta<\/em> se r\u00e9v\u00e9lera, absolument pur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta<\/em> est la pure origine du Bouddha (<em>buddhayoni<\/em>) qui est pr\u00e9sent en chacun de nous. Les \u00eatres qui ont des \u00e9motions, des pens\u00e9es et des mouvements, ou bien les Bouddhas et Boddhisattvas, sont tous de la m\u00eame nature, pas diff\u00e9rents les uns des autres. Toutes les diff\u00e9rences apparaissent seulement dans nos pens\u00e9es, ce qui nous conduit \u00e0 cr\u00e9er \u00e0 l\u2019infini du karma en tout genre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon la V\u00e9rit\u00e9 ultime, notre nature originelle de Bouddha n\u2019a absolument rien \u00e0 voir avec un soi personnel, pas m\u00eame dans un seul atome de notre \u00eatre. Il s\u2019agit du vide qui emplit tout, qui est calme, paisible et intouch\u00e9. C\u2019est la paix, la tranquillit\u00e9 lumineuse et cach\u00e9e, et la cessation de toutes choses. On atteint cela en profondeur en y ouvrant les yeux. C\u2019est juste sous nos yeux, absolument complet et parfait. Il n\u2019y a rien en dehors de cela.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le <em>citta<\/em> est Bouddha, l\u2019ultime, et tout est inclus dans cette unit\u00e9, depuis les \u00eatres \u00e9veill\u00e9s au niveau le plus haut jusqu\u2019aux \u00eatres les plus rudimentaires comme les insectes et les cr\u00e9atures rampantes. Tous ont une part \u00e9gale dans cette existence en Bouddha&nbsp;; tout est de la m\u00eame essence que Bouddha. <strong>Si seulement nous r\u00e9ussissons \u00e0 comprendre notre c\u0153ur et puis \u00e0 entrer en contact avec notre v\u00e9ritable nature gr\u00e2ce \u00e0 cette compr\u00e9hension, nous n\u2019aurons plus le moindre doute et nous cesserons de chercher.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Si nous atteignons une v\u00e9ritable tranquillit\u00e9 de l\u2019esprit<\/strong>, sans penser ni imaginer quoi que ce soit \u2013 car pens\u00e9e et imagination sont des mouvements du<em> citta<\/em> \u2013 <strong>notre v\u00e9ritable nature nous appara\u00eetra comme \u00e9tant vacuit\u00e9. <\/strong>Nous verrons alors qu\u2019elle est libre de toutes formes, qu\u2019elle n\u2019occupe aucun espace, qu\u2019elle n\u2019a pas le moindre atome en elle. On ne peut la cat\u00e9goriser en disant qu\u2019elle existe ou qu\u2019elle n\u2019existe pas parce qu\u2019elle est inconnaissable par les sens.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce <em>citta<\/em>, qui est notre v\u00e9ritable nature originelle, est la source de notre \u00eatre. Nul ne l\u2019a cr\u00e9\u00e9 et nul ne peut le d\u00e9truire. Dans nos relations avec les diff\u00e9rentes choses qui nous entourent, nous observons des changements dans leur aspect et nous les consid\u00e9rons comme des \u00ab&nbsp;objets&nbsp;\u00bb. Pour simplifier les choses, nous \u00e9voquons parfois le <em>citta<\/em> comme s\u2019il \u00e9tait un \u00ab&nbsp;\u00e9tat&nbsp;\u00bb d\u2019attention et de sagesse <em>(sati-pa\u00f1\u00f1\u0101)&nbsp;<\/em>; mais quand le <em>citta<\/em> n\u2019est pas en train de r\u00e9agir \u00e0 des stimuli ext\u00e9rieurs, et en l\u2019absence de l\u2019attention et de la sagesse pour reconna\u00eetre ou cr\u00e9er, le <em>citta<\/em> n\u2019est pas quelque chose dont on peut parler ou que l\u2019on peut consid\u00e9rer comme existant ou non-existant. M\u00eame quand il est en train de cr\u00e9er au travers de la raison, c\u2019est encore quelque chose dont nous ne pouvons pas \u00eatre conscients au moyen de nos sens (vue, ou\u00efe, go\u00fbt, odorat, toucher ou mental). Si cette v\u00e9rit\u00e9 est claire pour nous, nous pouvons atteindre le calme dans la vacuit\u00e9. Nous qui voyageons sur cette route suivie par tous les \u00catres \u00e9veill\u00e9s, <strong>nous devons nous efforcer de faire en sorte que le <em>citta<\/em> soit immobile et silencieux dans la vacuit\u00e9 absolue.<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cinq \u00e9l\u00e9ments de base (sensation, perception, formations mentales, intention et contact) qui, ensemble, constituent la conscience (<em>vi\u00f1\u00f1ana<\/em>) sont absolument vides. Les quatre \u00e9l\u00e9ments de base (terre, eau, feu et air) qui constituent le corps physique (<em>rupa-kaya<\/em>) n\u2019ont rien de personnel, rien appartenant \u00e0 un \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb. Le v\u00e9ritable <em>citta<\/em> n\u2019a pas de forme, il ne va nulle part et ne vient de nulle part. Cette authentique nature originelle est quelque chose qui n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 cr\u00e9\u00e9 et qui ne meurt pas au moment de la mort. Elle est un Tout, libre de tout mouvement en son c\u0153ur v\u00e9ritable.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Notre <em>citta<\/em> et tout ce qui nous entoure ne sont qu\u2019une seule et m\u00eame chose. Si nous comprenons vraiment cela, nous obtiendrons la connaissance et la vision claire de ce qui est en un \u00e9clair et, par la suite, nous ne nous pr\u00e9occuperons plus jamais des trois mondes <em>(Tiloka)<\/em>. Nous serons au-dessus des choses de ce monde, compl\u00e8tement lib\u00e9r\u00e9s de ce qui cause la renaissance. Nous \u00ab&nbsp;serons&nbsp;\u00bb, tout simplement&nbsp;; libres de toutes les influences qui engendrent la naissance. Nous atteindrons un \u00e9tat qui est au-del\u00e0 de toute possibilit\u00e9 de cr\u00e9ation de <em>kamma.<\/em> Telle est la base du Dhamma.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019\u00c9veil total<em>(sammasambodhi)<\/em>,c\u2019est voir v\u00e9ritablement&nbsp;; <strong>il n\u2019y a rien qui ne soit vanit\u00e9<\/strong> <em>(mogha)<\/em>. Si nous comprenons cette v\u00e9rit\u00e9, toutes les illusions ne signifieront rien pour nous. La sagesse, c\u2019est conna\u00eetre avec clart\u00e9&nbsp;; conna\u00eetre clairement le <em>citta<\/em> original sans forme. Si nous comprenons qu\u2019aussi bien celui qui agit que ce sur quoi il agit ne sont que le <em>citta<\/em> et des objets, et ne font qu\u2019un, nous serons amen\u00e9s \u00e0 comprendre la v\u00e9rit\u00e9 cach\u00e9e au-del\u00e0 des mots. C\u2019est cette compr\u00e9hension qui nous permet d\u2019ouvrir les yeux \u00e0 la V\u00e9rit\u00e9 ultime qui est en nous.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La V\u00e9rit\u00e9 ultime en nous ne dispara\u00eet pas \u2013 m\u00eame quand nous sommes dans l\u2019obscurit\u00e9 et l\u2019ignorance \u2013 pour revenir quand nous atteignons l\u2019\u00c9veil. Elle est <em>tathada<\/em>, telle quelle, ce qui est. En cela, il n\u2019y a aucune ignorance, aucune Vision Juste, seulement la vacuit\u00e9 qui est la v\u00e9ritable essence du <em>citta<\/em> unique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Comment se fait-il que les diff\u00e9rents objets que cr\u00e9e le <em>citta<\/em>, aussi bien objets physiques que mentaux, soient ext\u00e9rieurs \u00e0 cette vacuit\u00e9 ? Selon les principes de la V\u00e9rit\u00e9, la vacuit\u00e9 est vide de tout ce qui occupe de l\u2019espace, de toutes les illusions, libre des pollutions mentales, du <em>kamma<\/em>, de l\u2019ignorance, et libre de toute Vision Juste. Nous devons comprendre que, sur le plan ultime, rien n\u2019existe. Il n\u2019y a pas d\u2019\u00eatres humains, il n\u2019y a pas d\u2019\u00catres \u00e9veill\u00e9s, parce que cette vacuit\u00e9 est vide et la plus infime particule visible ou imaginable ne peut y occuper la moindre place. Cette vacuit\u00e9 ne d\u00e9pend de rien, n\u2019est reli\u00e9e \u00e0 rien. Elle est beaut\u00e9 parfaite, totale&nbsp;; c\u2019est l\u2019ultime et l\u2019incr\u00e9\u00e9. C\u2019est un bijou inestimable.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ajahn dune Atulo Traduction de Jeanne Schut Les enseignements qui suivent sont extraits du livre \u00ab\u00a0Atulo\u00a0\u00bb, \u00e9crit par le V\u00e9n\u00e9rable Bodhinandamuni, l\u2019un des plus fid\u00e8les disciples d\u2019Ajahn Dune. Ce grand ma\u00eetre, lui-m\u00eame disciple d\u2019Ajahn Mun, n\u2019a jamais rien \u00e9crit, parlait peu et aucun de ses discours n\u2019a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9. 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