{"id":1978,"date":"2026-05-14T13:09:36","date_gmt":"2026-05-14T13:09:36","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=1978"},"modified":"2026-05-14T13:09:36","modified_gmt":"2026-05-14T13:09:36","slug":"etre-notre-veritable-nature","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/etre-notre-veritable-nature\/","title":{"rendered":"\u00catre : notre v\u00e9ritable nature"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.786), 21px);\"><strong>Ajahn Pa\u00f1\u00f1avaddho<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);text-transform:none\">Traduction de Jeanne Schut<\/h2>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(16.834px, 1.052rem + ((1vw - 3.2px) * 1.042), 26px);text-transform:none\">Extrait de\u00a0: <em>Les fondamentaux du bouddhisme<\/em><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On pratique la m\u00e9ditation pour apaiser le mental. C\u2019est assez difficile pendant pas mal de temps mais, peu \u00e0 peu, les r\u00e9sultats se font sentir&nbsp;: on se sent plus calme, plus satisfait, on sent que l\u2019on est sur le bon chemin. Quand cette confiance appara\u00eet, on a envie de pratiquer de plus en plus, tout le temps. C\u2019est ainsi que la pratique s\u2019am\u00e9liore progressivement. On apprend \u00e0 contr\u00f4ler son esprit, \u00e0 \u00eatre plus concentr\u00e9, et la pratique devient plus facile. Un jour, on r\u00e9alise que l\u2019on peut tr\u00e8s facilement entrer en concentration. Cela signifie que l\u2019esprit est bien dompt\u00e9, bien ma\u00eetris\u00e9. Il est alors temps de se tourner vers la sagesse et de la d\u00e9velopper.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">On d\u00e9veloppe la sagesse en commen\u00e7ant par calmer l\u2019esprit avec la pratique de la concentration sur un point unique. Quand l\u2019esprit est calme, on se tourne vers l\u2019int\u00e9rieur et on observe les choses de tr\u00e8s pr\u00e8s, en commen\u00e7ant par son propre corps&nbsp;: qu\u2019est-ce que ce corps&nbsp;? A qui appartient-il&nbsp;? D\u2019o\u00f9 vient-il&nbsp;? O\u00f9 va-t-il&nbsp;? Est-il ce que j\u2019appelle \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb&nbsp;? Quel genre de chose est-ce&nbsp;? Est-il plaisant ou d\u00e9plaisant&nbsp;? Me donne-t-il de la joie&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous devons faire cet examen seuls et trouver seuls nos r\u00e9ponses. En proc\u00e9dant ainsi, on d\u00e9couvre que ce corps n\u2019est pas moi, qu\u2019il ne m\u2019appartient pas, qu\u2019il appartient au monde, qu\u2019il fait partie du monde et qu\u2019il se compose du monde. Notre corps se compose aussi de nourriture&nbsp;: nous ing\u00e9rons de la nourriture, elle part dans le corps et le remplit. Nous d\u00e9couvrons ainsi que le corps est quelque chose de diff\u00e9rent de nous. Quand on en prend pleinement conscience, quand on voit que le corps est quelque chose de s\u00e9par\u00e9, on constate que notre inqui\u00e9tude pour ce corps diminue. On ne s\u2019inqui\u00e8te plus de la mort, du risque de tomber malade ou d\u2019avoir mal. L\u00e0 encore, nous voyons notre insatisfaction diminuer, s\u2019\u00e9vanouir peu \u00e0 peu.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand on continue \u00e0 pratiquer ainsi, on finit par pleinement r\u00e9aliser que le corps est compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9 de \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb&nbsp;; il n\u2019est pas moi, il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 moi&nbsp;; il fait partie des ph\u00e9nom\u00e8nes du monde. Peu de gens arrivent \u00e0 ce stade mais, quand on comprend cela en profondeur, on a d\u00e9j\u00e0 beaucoup avanc\u00e9 dans la pratique. On peut alors observer l\u2019esprit et se poser des questions sur sa nature.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le bouddhisme, on dit que l\u2019esprit se compose de quatre \u00e9l\u00e9ments\u00a0: les sensations-sentiments, la m\u00e9moire, la pens\u00e9e et la conscience sensorielle. Et ces quatre \u00e9l\u00e9ments viennent tous d\u2019un point central que l\u2019on appelle le <em>citta<\/em>. Comment d\u00e9finir le <em>citta<\/em>\u00a0? C\u2019est ce qui est au plus profond de nous, qui est toujours l\u00e0. On l\u2019appelle parfois \u00ab\u00a0ce qui sait en nous\u00a0\u00bb. C\u2019est le point central de notre \u00eatre. Mais \u00ab\u00a0ce qui sait\u00a0\u00bb est aussi ce qui a \u00e9t\u00e9 pi\u00e9g\u00e9 en se transformant en conscience sensorielle, en pens\u00e9e, en sensations, en m\u00e9moire. Tout cela est na\u00eet de \u00ab\u00a0ce qui sait\u00a0\u00bb, de sorte que celui-ci n\u2019est plus libre et qu\u2019il ne cesse de nous causer des probl\u00e8mes parce qu\u2019il est envelopp\u00e9 de pollutions mentales.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les pollutions sont en nous, de m\u00eame que \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb est en nous et le Dhamma (la v\u00e9rit\u00e9) est en nous. Il y a en nous aussi bien les pollutions que la v\u00e9rit\u00e9. Si vous voulez savoir ce qu\u2019est vraiment \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb, vous allez devoir vous demander comment vous avez connaissance des choses&nbsp;: regardez et voyez que, quand vous regardez ou entendez quelque chose, vous savez de quoi il s\u2019agit, sans le moindre doute. Si, par exemple, vous voyez la couleur rouge, vous savez tr\u00e8s bien qu\u2019il s\u2019agit de rouge&nbsp;; vous savez \u00e0 quoi ressemble le rouge, et ce que l\u2019on ressent quand on voit du rouge mais vous ne pouvez en aucun cas exprimer cela \u00e0 quelqu\u2019un. C\u2019est tout simplement impossible. Vous utilisez le mot \u00ab&nbsp;rouge&nbsp;\u00bb et vous comptez sur le v\u00e9cu de votre interlocuteur pour vous comprendre mais, en r\u00e9alit\u00e9, vous ne savez pas s\u2019il per\u00e7oit cette couleur comme vous. \u00ab&nbsp;Ce qui sait&nbsp;\u00bb fonctionne ainsi. Si vous entendez quelque chose, vous savez ce que vous entendez mais vous ne savez pas si quelqu\u2019un&nbsp; d\u2019autre l\u2019entend comme vous. Tout ce que l\u2019on peut dire, c\u2019est qu\u2019en se basant sur la physiologie, on sait que le m\u00e9canisme du corps est \u00e0 peu pr\u00e8s semblable pour tous&nbsp;\u2013 mais cela ne veut pas dire que notre ressenti est forc\u00e9ment le m\u00eame&nbsp;! Si on essaie d\u2019expliquer \u00e0 quelqu\u2019un ce qu\u2019est un certain son, une couleur ou quoi que ce soit de ce genre, on r\u00e9alise que c\u2019est impossible&nbsp;; il faut se fier \u00e0 l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019autre. Mais si vous voulez expliquer ce qu\u2019est la vision \u00e0 un aveugle de naissance, il ne pourra pas comprendre. C\u2019est ce qui a la connaissance intuitive de ces choses-l\u00e0 que l\u2019on appelle \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb et c\u2019est cela qui peut se lib\u00e9rer.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00ab&nbsp;Ce qui sait&nbsp;\u00bb n\u2019est pas physique, il ne fait pas partie du monde. Il ne devient partie du monde qu\u2019\u00e0 cause des <em>kilesa<\/em>, ces pollutions mentales dont il est infect\u00e9. Quand il est contamin\u00e9 par les pollutions mentales, \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb ne sait plus, il devient porteur d\u2019ignorance et dans cette ignorance, il perd toute confiance en lui-m\u00eame. Quand \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb n\u2019a plus confiance en lui, il est forc\u00e9 de se saisir de choses qui vont lui donner un semblant de confiance. C\u2019est pourquoi nous nous entourons d\u2019objets, de gens, de sensations et de toutes sortes d\u2019autres choses de ce genre. Elles nous donnent confiance en nous faisant croire \u00e0 notre propre existence. Notre existence est une chose que nous fabriquons en nous reliant \u00e0 toutes ces choses.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce qui est reli\u00e9 \u00e0 ces choses, nous l\u2019appelons \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb mais ce \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb est changeant, il est diff\u00e9rent d\u2019un instant \u00e0 l\u2019autre. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est un imposteur qui fait semblant d\u2019\u00eatre ce qu\u2019il n\u2019est pas. La notion de \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb vient de ce que l\u2019on croit qu\u2019il existe une entit\u00e9 permanente et fixe en nous mais c\u2019est une croyance erron\u00e9e. Quand les gens parlent d\u2019eux-m\u00eames, ils se r\u00e9f\u00e8rent parfois \u00e0 leur corps, parfois \u00e0 leurs sentiments ou encore \u00e0 leurs pens\u00e9es. Par exemple, quand on dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je vais ouvrir la porte&nbsp;\u00bb, le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb se r\u00e9f\u00e8re au corps. Quand on dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je suis triste&nbsp;\u00bb, il s\u2019agit d\u2019un sentiment. Quand on dit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Je pense ceci ou cela&nbsp;\u00bb, c\u2019est une pens\u00e9e. Ce moi se r\u00e9f\u00e8re sans cesse \u00e0 des choses diff\u00e9rentes, pas \u00e0 une seule et unique chose&nbsp;; il change tout le temps. Voil\u00e0 pourquoi il est difficile de dire ce qu\u2019il est exactement&nbsp;; voil\u00e0 pourquoi il ne m\u00e9rite pas le nom de \u00ab&nbsp;moi&nbsp;\u00bb car le moi est cens\u00e9 \u00eatre une entit\u00e9 permanente.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C\u2019est pour cette raison que, dans le bouddhisme, on dit que le soi n\u2019existe pas r\u00e9ellement, que c\u2019est un imposteur ; et le but de l\u2019entra\u00eenement de l\u2019esprit propos\u00e9 par le Bouddha est de d\u00e9voiler la v\u00e9ritable nature du soi, de voir qu\u2019il ne s\u2019agit de rien de r\u00e9el. Quand on va au-del\u00e0 du soi, on peut revenir \u00e0 \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb, \u00e0 sa vraie nature, mais c\u2019est difficile parce qu\u2019il faut avoir confiance en \u00ab ce qui sait&nbsp;\u00bb. Cette confiance ne peut pas venir de rien&nbsp;; il faut la faire grandir peu \u00e0 peu. Pour faire grandir cette confiance, il faut avoir connaissance et compr\u00e9hension&nbsp;; il faut arriver \u00e0 voir notre v\u00e9ritable nature en profondeur, \u00e0 voir la fa\u00e7on dont nous fonctionnons. Ainsi progressivement, en nous coupant de tout ce que nous ne sommes pas, nous arriverons \u00e0 ce que nous sommes. Ce que je veux dire, c\u2019est que, si on se coupe du corps, on voit que l\u2019on n\u2019est pas le corps et on cesse de s\u2019en pr\u00e9occuper. Ensuite, si on se coupe des sensations, on voit qu\u2019elles ne sont pas soi. \u00ab&nbsp;Se couper&nbsp;\u00bb ne signifie pas s\u2019en d\u00e9barrasser mais simplement se lib\u00e9rer de l\u2019id\u00e9e que \u00ab&nbsp;je suis cela&nbsp;\u00bb. Et ainsi de suite pour le reste des \u00e9l\u00e9ments de l\u2019esprit&nbsp;: la pens\u00e9e, la m\u00e9moire et la conscience sensorielle. On voit que l\u2019on n\u2019est pas ces choses-l\u00e0. Quand on voit cela, on gagne peu \u00e0 peu confiance en \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb en nous. Ensuite, gr\u00e2ce \u00e0 cette confiance en \u00ab&nbsp;ce qui sait&nbsp;\u00bb, on peut sauter le pas et \u00ab&nbsp;\u00eatre&nbsp;\u00bb cela, compl\u00e8tement. C\u2019est le bout du chemin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Certains y parviennent&nbsp;; ils ne sont pas nombreux. Il est tr\u00e8s difficile d\u2019y arriver mais \u00e7a vaut la peine d\u2019essayer. En fait, quand on s\u2019engage sur cette voie, on a le sentiment qu\u2019il n\u2019y a rien d\u2019autre \u00e0 faire. Toutes les autres activit\u00e9s ressemblent \u00e0 des jeux&nbsp;d\u2019enfants ; nous sommes comme des enfants qui s\u2019amusent avec des jouets. La seule voie \u00e0 suivre consiste \u00e0 essayer de sortir de cette situation et, ensuite, \u00e0 montrer la voie \u00e0 d\u2019autres par son propre exemple.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ajahn Pa\u00f1\u00f1avaddho Traduction de Jeanne Schut Extrait de\u00a0: Les fondamentaux du bouddhisme On pratique la m\u00e9ditation pour apaiser le mental. C\u2019est assez difficile pendant pas mal de temps mais, peu \u00e0 peu, les r\u00e9sultats se font sentir&nbsp;: on se sent plus calme, plus satisfait, on sent que l\u2019on est sur le bon chemin. 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