{"id":2125,"date":"2026-05-16T04:51:37","date_gmt":"2026-05-16T04:51:37","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=2125"},"modified":"2026-05-16T04:51:37","modified_gmt":"2026-05-16T04:51:37","slug":"vassa-la-retraite-des-pluies-1924","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/vassa-la-retraite-des-pluies-1924\/","title":{"rendered":"Vassa : la retraite des pluies 1924"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14.082px, 0.88rem + ((1vw - 3.2px) * 0.786), 21px);\"><strong>ajahn Tate<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.114), 15px);text-transform:none\">Traduction de Jeanne Schut<\/h2>\n\n\n\n<div style=\"height:15px\" aria-hidden=\"true\" class=\"wp-block-spacer\"><\/div>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center wp-block-paragraph\"><strong>Extrait de <em>Autobiographie d&rsquo;un moine de la for\u00eat<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Avant le d\u00e9but de la Retraite des Pluies, je d\u00e9couvris un excellent ami dans le Dhamma en la personne du v\u00e9n\u00e9rable Glom, de la province de Loei. Par deux fois, nous mont\u00e2mes ensemble \u00e0 la grotte de Tam Puang, sur la montagne Poo Lek, pour y approfondir notre m\u00e9ditation : quatre nuits la premi\u00e8re fois et six nuits la deuxi\u00e8me. Le chef du village, appel\u00e9 Orn-see (qui devint plus tard l\u2019Officier de Sous-district Khun Prajak puis fut ordonn\u00e9 et mourut moine) s\u2019arrangea pour que quelqu\u2019un monte chaque jour nous offrir de la nourriture. Je n\u2019oublierai jamais sa gentillesse et sa bonne volont\u00e9. Ajahn Mun lui-m\u00eame avait remarqu\u00e9 ce chef intelligent et avis\u00e9 en tout \u2014 depuis sa vivacit\u00e9 d\u2019expression jusqu\u2019\u00e0 son travail et ses activit\u00e9s sociales en faveur de sa communaut\u00e9. Il semblait capable de tout g\u00e9rer parfaitement. En ce qui concerne son aide aux moines, ses talents \u00e9taient remarquables car, \u00e0 la moindre suggestion, il \u00e9tait capable d\u2019organiser efficacement tout ce dont nous pouvions avoir besoin.<br>\u00a0<br>Mon compagnon de m\u00e9ditation et moi-m\u00eame b\u00e9n\u00e9fici\u00e2mes donc des quatre \u00e9l\u00e9ments qui favorisent la pratique<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn1\">[1]<\/a>, ce qui nous permit d\u2019aller plus loin dans nos efforts. Plus nous m\u00e9ditions, plus nous \u00e9tions reconnaissants au chef du village et aux villageois de leur bont\u00e9. Notre repas quotidien consistait en une boule de riz au gluten de la taille d\u2019un bael<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn2\">[2]<\/a> et de poudre de poivron s\u00e9ch\u00e9. Cela suffisait \u00e0 nous sustenter pour notre pratique de la m\u00e9ditation, sans effets n\u00e9fastes. Diminuer la quantit\u00e9 de nourriture journali\u00e8re lorsque l\u2019on veut augmenter ses efforts de m\u00e9ditation, donne la sensation d\u2019un corps plus l\u00e9ger, facilite l\u2019attention et l\u2019acc\u00e8s au <em>samadhi<\/em><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn3\">[3]<\/a>. Je m\u00e9ditais avec beaucoup de diligence et ma facult\u00e9 de concentration s\u2019am\u00e9liora. J\u2019entra\u00eenais mon attention \u00e0 se maintenir constante, de jour comme de nuit. Je refusais de laisser s\u2019installer la moindre absence qui aurait permis \u00e0 mon esprit de s\u2019\u00e9vader vers l\u2019ext\u00e9rieur. Ainsi mon attention s\u2019affermit et s\u2019\u00e9tablit exclusivement dans le corps et l\u2019esprit. J\u2019allais jusqu\u2019\u00e0 m\u2019assurer de retrouver, au r\u00e9veil, le m\u00eame \u00e9tat d\u2019esprit qu\u2019au moment o\u00f9 j\u2019entrais dans le sommeil ; mais il restait parfois encore un peu de distraction au moment du repas.<br>\u00a0<br>Approfondir mes efforts me permit d\u2019appr\u00e9cier d\u2019autant plus la bont\u00e9 des villageois \u2014 comme si l\u2019un \u00e9tait ins\u00e9parable de l\u2019autre. J\u2019avais une conscience aigu\u00eb du fait que, \u00e9tant moine, mon existence reposait entre leurs mains. Je continuais donc aussi \u00e0 pratiquer aussi en d\u00e9dommagement de ma dette et je fis en sorte que, cette fois-l\u00e0, mes efforts de m\u00e9ditation, compensent totalement mes obligations.<br>\u00a0<br>A l\u2019approche de la Retraite des Pluies, nous descend\u00eemes s\u00e9journer aupr\u00e8s d\u2019Ajahn Singh, au monast\u00e8re du village de Nong Lart. En tant que moine nouvellement ordonn\u00e9, je n\u2019avais que tr\u00e8s peu de responsabilit\u00e9s, hormis, bien s\u00fbr, celles de veiller aux besoins du doyen des moines<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn4\">[4]<\/a> et de pratiquer consciencieusement la m\u00e9ditation. En cela, le v\u00e9n\u00e9rable Ajahn nous accorda une attention toute sp\u00e9ciale.<br>\u00a0<br>Tout au long de la Retraite des Pluies, j\u2019approfondis encore davantage ma m\u00e9ditation, selon les lignes que je m\u2019\u00e9tais trac\u00e9es en m\u00e9ditant sur la montagne. J\u2019exp\u00e9rimentais aussi quelques techniques de yoga: c\u2019est ainsi que je r\u00e9duisis progressivement ma quantit\u00e9 journali\u00e8re de nourriture en passant de soixante-dix petites boules de riz au gluten jusqu\u2019\u00e0 trois bouch\u00e9es, puis remontant progressivement jusqu\u2019\u00e0 trente bouch\u00e9es, pour redescendre \u00e0 cinq. Chaque \u00e9tape durait trois ou quatre jours et je continuai ainsi tout au long de la Retraite des Pluies, bien qu\u2019il y e\u00fbt une p\u00e9riode plus longue o\u00f9 je mangeai quinze bouch\u00e9es de nourriture, exclusivement v\u00e9g\u00e9tarienne, par jour. D\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s mince de nature, je finis par \u00eatre si maigre que les villageois s\u2019en aper\u00e7urent. Tous ceux qui me voyaient s\u2019inqui\u00e9taient \u00e0 mon sujet, mais j\u2019eus la volont\u00e9 et la force de poursuivre mes devoirs et ma m\u00e9ditation, comme d\u2019habitude.<br>\u00a0<br>D\u00e8s la fin de la Retraite des Pluies, je recommen\u00e7ai \u00e0 manger de la viande et du poisson, mais comme ils sentaient mauvais \u00e0 pr\u00e9sent ! Nous, \u00eatres humains, consommons la chair des animaux morts et la transformons en chair pour notre propre corps, mais c\u2019est comme voler une chose infecte pour ensuite l\u2019absorber. Il n\u2019est gu\u00e8re surprenant que les d\u00e9vas et autres cr\u00e9atures c\u00e9lestes refusent d\u2019approcher les humains \u2014 c\u2019est \u00e0 cause de leur odeur naus\u00e9abonde. Pourtant les \u00eatres humains, quant \u00e0 eux, ne semblent avoir aucune difficult\u00e9 \u00e0 embrasser et admirer ces cadavres que nous sommes.<br>\u00a0<br>Apr\u00e8s la Retraite des Pluies, je remontai sur la montagne, mais cette fois accompagn\u00e9 d\u2019Ajahn Singh lui-m\u00eame. Au bout de neuf jours, il tomba malade et me demanda de descendre chercher les autres moines de notre groupe. Mais lorsque nous compr\u00eemes qu\u2019il ne serait pas facile de le soigner l\u00e0-haut, nous descend\u00eemes tous dans la r\u00e9gion foresti\u00e8re de Nong Boo-a (aujourd\u2019hui un village).<br>Ajahn Mun nous fit alors parvenir un message selon lequel il me demandait de le retrouver dans le district de Tah Bor. Je m\u2019inclinai devant ses instructions et pris cong\u00e9 d\u2019Ajahn Singh. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par hasard, je rencontrai Ajahn Mun et Ajahn Sao sur la route. Ils avaient re\u00e7u une invitation de Wat Bodhisomphorn, dans la ville de Udorn-thani. C\u2019est \u00e0 cette \u00e9poque que \u00ab grand-m\u00e8re \u00bb<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn5\">[5]<\/a> Noi (la m\u00e8re de Phraya Rajanukoon) vint participer \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie de cons\u00e9cration, pour la pose du mur d\u2019enceinte<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_edn6\">[6]<\/a> de Wat Bodhisomphorn. Elle y rencontra Ajahn Mun pour la premi\u00e8re fois et, en entendant l\u2019un de ses discours, sentit une immense foi na\u00eetre en elle. Je s\u00e9journai l\u00e0 avec Ajahn Mun pendant plusieurs jours, puis nous part\u00eemes tous deux pour Tah Bor.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity\"\/>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.455), 18px);\"><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref1\">[1]<\/a> <em>Sappaya <\/em>: climat, logis, nourriture et nobles compagnons.<a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref2\">[2]<\/a> <em>Aegle marmeloa <\/em>: fruit m\u00e9dicinal \u00e0 coque dure, de la taille d\u2019une orange.<br><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref3\">[3]<\/a> Concentration<br><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref4\">[4]<\/a> <em>Acariya-vat\u2019 <\/em>: ces devoirs constituent une partie de la formation d\u2019un jeune moine<br><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref5\">[5]<\/a> Titre de respect pour une dame \u00e2g\u00e9e.<br><a href=\"https:\/\/dhammadelaforet.org\/sommaire\/a_tate\/vassa.html#_ednref6\">[6]<\/a> <em>Sima<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>ajahn Tate Traduction de Jeanne Schut Extrait de Autobiographie d&rsquo;un moine de la for\u00eat Avant le d\u00e9but de la Retraite des Pluies, je d\u00e9couvris un excellent ami dans le Dhamma en la personne du v\u00e9n\u00e9rable Glom, de la province de Loei. 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