{"id":74,"date":"2026-04-20T10:27:46","date_gmt":"2026-04-20T10:27:46","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=74"},"modified":"2026-07-04T10:30:50","modified_gmt":"2026-07-04T10:30:50","slug":"dipa-ma","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/dipa-ma\/","title":{"rendered":"Dipa Ma"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"934\" src=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RoyphotoDipaMa-1024x934.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-1747\" style=\"aspect-ratio:1.0963583668443975;width:273px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RoyphotoDipaMa-1024x934.jpg 1024w, https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RoyphotoDipaMa-300x274.jpg 300w, https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RoyphotoDipaMa-768x700.jpg 768w, https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/RoyphotoDipaMa.jpg 1350w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(20.515px, 1.282rem + ((1vw - 3.2px) * 1.419), 33px);\">Biographie<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nani Bala Barua est n\u00e9e le 25 mars 1911, dans un village \u00e0 l\u2019est du Bengale, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re birmane. La culture bouddhiste de cette r\u00e9gion est peut-\u00eatre la seule \u00e0 abriter encore une large communaut\u00e9 descendant en droite ligne de l\u2019\u00e9poque du Bouddha. La famille de Nani appartient au clan des Barua du Bengale, descendants des premiers bouddhistes d\u2019Inde. M\u00eame si la pratique de la m\u00e9ditation avait quasiment disparu au moment de sa naissance, de nombreuses familles observaient encore les rituels et coutumes bouddhistes, notamment ses parents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nani \u00e9tait l\u2019a\u00een\u00e9e de six enfants. Elle \u00e9tait tr\u00e8s proche de ses fr\u00e8res et s\u0153urs. En \u00e9voquant sa m\u00e8re, elle disait&nbsp;qu\u2019elle \u00e9tait calme et douce, tandis que son p\u00e8re \u00e9tait un homme de principes qui ne tol\u00e9rait que ce qu\u2019il consid\u00e9rait juste. Cependant, malgr\u00e9 ses mani\u00e8res s\u00e9v\u00e8res, Nani entretenait avec lui une relation pleine d\u2019affection.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tradition du <em>dana<\/em> (g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9) \u00e9tait r\u00e9guli\u00e8rement pratiqu\u00e9e dans leur foyer. Ce sont ses parents  qui lui ont enseign\u00e9 le sens de la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9&nbsp;: quand on offre quelque chose, on ne fait pas de distinction&nbsp;; on donne \u00e0 tous de la m\u00eame mani\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nani \u00e9tait une enfant assez solitaire qui ne recherchait pas la compagnie des autres enfants. Elle jouait souvent \u00e0 la poup\u00e9e mais, ce qu\u2019elle aimait par-dessus tout, c\u2019\u00e9tait fabriquer de petites statues du Bouddha. Ensuite, elle fabriquait un petit autel et pr\u00e9parait des offrandes qu\u2019elle pr\u00e9tendait donner au vrai Bouddha. Plus tard, elle dit que cette d\u00e9votion lui \u00e9tait venue tout naturellement, qu\u2019elle n\u2019avait en aucun cas \u00e9t\u00e9 pouss\u00e9e par ses parents.<br>Elle n&rsquo;avait jamais fin mais son app\u00e9tit de connaissances \u00e9tait insatiable. M\u00eame malade, elle se sauvait pour aller en classe. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Suivant les normes de sa culture, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de douze ans, on lui fit quitter l\u2019\u00e9cole pour \u00e9pouser un homme de vingt-cinq ans. Son fianc\u00e9, Rajani Ranjan Barua, \u00e9tait un ing\u00e9nieur du village voisin de Sighalta. Comme le voulait la tradition, apr\u00e8s la c\u00e9r\u00e9monie du mariage Nani fut imm\u00e9diatement envoy\u00e9e vivre chez sa belle-famille. Au bout d\u2019une semaine, son mari dut repartir en Birmanie o\u00f9 l\u2019attendait son travail et Nani resta seule aupr\u00e8s de beaux-parents exigeants qui lui faisaient tr\u00e8s peur. On l\u2019autorisait \u00e0 aller rendre visite \u00e0 ses parents de temps en temps mais ses beaux-parents la ramenaient tr\u00e8s vite chez eux.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s deux tristes ann\u00e9es, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de quatorze ans, Nani fut mise sur un bateau faisant cap sur Rangoon o\u00f9 elle devait commencer une nouvelle vie, dans un pays \u00e9tranger, aupr\u00e8s d\u2019un homme qu\u2019elle n\u2019avait connu qu\u2019une semaine. Rangoon \u00e9tait une ville bruyante, \u00e9trange, peupl\u00e9e d\u2019une mer de visages inconnus et o\u00f9 l\u2019on parlait une langue qu\u2019elle ne comprenait pas. Au d\u00e9but, elle pleura souvent car elle se sentait tr\u00e8s seule, se languissait de ses parents et avait le mal du pays.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"> La premi\u00e8re ann\u00e9e de sa vie d\u2019\u00e9pouse, elle \u00e9tait terroris\u00e9e par son mari. Cette ann\u00e9e-l\u00e0, Rajani se comporta toujours avec douceur et compr\u00e9hension, sans jamais s\u2019imposer \u00e0 elle. Finalement, un sentiment de confiance se tissa entre eux et Nani finit par le consid\u00e9rer comme quelqu\u2019un d\u2019unique et de bon. Dans les ann\u00e9es qui suivirent, ils tomb\u00e8rent profond\u00e9ment amoureux l\u2019un de l\u2019autre et Nani dit plus tard que Rajani avait \u00e9t\u00e9 son premier ma\u00eetre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il n\u2019y avait qu\u2019une seule ombre \u00e0 leur bonheur, une ombre douloureuse. Les ann\u00e9es passaient et Nani n\u2019\u00e9tait toujours pas enceinte. Elle en con\u00e7ut une grande honte et beaucoup de chagrin. Heureusement Rajani resta attentionn\u00e9, aimant et patient, sans jamais lui reprocher de ne pas concevoir d\u2019enfant.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nani et Rajani \u00e9taient activement engag\u00e9s dans la communaut\u00e9 bouddhiste de Rangoon. Ils observaient les cinq pr\u00e9ceptes et r\u00e9citaient tous les jours les <em>Sutta<\/em>. Ils \u00e9taient surtout connus pour leur g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 car ils payaient les frais de scolarit\u00e9 des enfants de familles d\u00e9munies et accueillaient chez eux des sans-abri.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D\u00e8s le jour o\u00f9 elle \u00e9tait arriv\u00e9e \u00e0 Rangoon, Nani avait manifest\u00e9 un fort d\u00e9sir de m\u00e9diter. M\u00eame si les filles n\u2019\u00e9taient g\u00e9n\u00e9ralement pas initi\u00e9es \u00e0 la m\u00e9ditation, elle ne cessait de demander \u00e0 Rajani la permission d\u2019apprendre mais il r\u00e9pondait chaque fois qu\u2019elle devait attendre d\u2019\u00eatre plus vieille. En effet, la tradition indienne veut que la pratique spirituelle soit repouss\u00e9e vers la fin de la vie, quand les obligations professionnelles et familiales ont \u00e9t\u00e9 remplies.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nani ne parlait pas le birman mais elle se d\u00e9brouilla pour poursuivre son \u00e9ducation bouddhiste dans son pays d\u2019adoption. Sunil, son neveu de treize ans, traduisait pour elle les textes bouddhistes classiques du birman au bengali. Sunil \u00e9tait tr\u00e8s impressionn\u00e9 par l\u2019application et la m\u00e9moire exceptionnelle de sa tante qui retenait absolument tout ce qu\u2019il lui lisait. (Des ann\u00e9es plus tard, elle fit toute une batterie de tests psychologiques et on d\u00e9couvrit que son niveau d\u2019intelligence \u00e9tait tout \u00e0 fait exceptionnel.)<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Apr\u00e8s plus de vingt ans, Nani con\u00e7ut finalement un enfant. Elle avait trente-cinq ans quand elle eut la joie de mettre au monde une petite fille. Malheureusement, au bout de trois mois l\u2019enfant tomba malade et mourut. Accabl\u00e9e de chagrin, Nani d\u00e9veloppa une maladie de c\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quatre ans plus tard, une nouvelle grossesse la combla de bonheur. Cette fois encore, l\u2019enfant \u00e9tait une fille qu\u2019elle appela Dipa. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0 qu\u2019on commen\u00e7a \u00e0 la surnommer \u00ab&nbsp;Dipa Ma&nbsp;\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire \u00ab&nbsp;m\u00e8re de Dipa&nbsp;\u00bb. Et comme Dipa signifie \u00ab&nbsp;lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb, le nouveau nom de Nani signifiait aussi \u00ab&nbsp;M\u00e8re de Lumi\u00e8re&nbsp;\u00bb. Et puis elle eut un gar\u00e7on mais le b\u00e9b\u00e9 mourut \u00e0 la naissance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En l\u2019espace de dix ans, Dipa Ma avait perdu deux enfants, son mari et sa sant\u00e9. \u00c0 quarante-six ans, elle se retrouvait veuve avec une fille de sept ans \u00e0 \u00e9lever toute seule. Ses parents \u00e9taient morts tous les deux, son pays natal \u00e9tait tr\u00e8s loin, et elle \u00e9tait accabl\u00e9e de chagrin et de doutes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c0 cette \u00e9poque la plus sombre de sa vie, le Bouddha lui apparut en r\u00eave comme une pr\u00e9sence lumineuse. D\u2019une voix douce, il r\u00e9citait une strophe du <em>Dhammapada<\/em>, des mots qu\u2019il avait prononc\u00e9s pour consoler un p\u00e8re qui pleurait la mort de son fils&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>De ce qui nous est cher na\u00eet le chagrin<\/em>,<br><em>De ce qui nous est cher na\u00eet la peur<\/em>.<br><em>Pour qui est lib\u00e9r\u00e9 de l\u2019attachement aux \u00eatres chers<\/em>,<br><em>Il n\u2019y a plus chagrin ni peur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quand Dipa Ma se r\u00e9veilla, elle sentit que son esprit \u00e9tait clair et calme. Elle savait qu\u2019elle devait apprendre \u00e0 m\u00e9diter, quel que soit son \u00e9tat de sant\u00e9. Elle avait compris le conseil du Bouddha&nbsp;: si elle voulait une v\u00e9ritable paix, elle devait pratiquer la m\u00e9ditation jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019elle se lib\u00e8re de tout attachement et de tout chagrin.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dipa Ma fit le n\u00e9cessaire pour aller au Centre de m\u00e9ditation kamayut de Rangoon. La premi\u00e8re retraite de Dipa Ma ne se d\u00e9roula pas comme pr\u00e9vu mais elle ne renon\u00e7a pas \u00e0 pratiquer la m\u00e9ditation. Arm\u00e9e des instructions de base qu\u2019elle avait re\u00e7ues lors de sa courte retraite, elle m\u00e9dita patiemment chez elle pendant plusieurs ann\u00e9es d\u00e8s qu\u2019elle en trouvait le temps. Elle commen\u00e7a \u00e0 reprendre confiance, \u00e0 croire qu\u2019elle finirait par avoir une autre occasion d\u2019aller en retraite.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette occasion se pr\u00e9senta quand elle apprit qu\u2019un ami de la famille et enseignant du bouddhisme, Anagarika Munindra, vivait dans un Centre de m\u00e9ditation proche de chez elle\u2026 Munindra l\u2019encouragea \u00e0 aller \u00e0 Thathana Yeiktha, le Centre de m\u00e9ditation o\u00f9 lui-m\u00eame approfondissait sa pratique sous la tutelle du V\u00e9n\u00e9rable Mahasi Sayadaw, le moine, \u00e9rudit et ma\u00eetre de m\u00e9ditation le plus c\u00e9l\u00e8bre de tout le pays. Dipa Ma se voyait offrir l\u00e0 une opportunit\u00e9 extraordinaire&nbsp;: apprendre d\u2019un grand ma\u00eetre, guid\u00e9e par un ami de la famille dans sa langue maternelle. <\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dipa Ma partit pour sa seconde retraite dans une tout autre disposition d\u2019esprit que la premi\u00e8re fois. Tr\u00e8s vite, sa pratique s\u2019approfondit consid\u00e9rablement. Elle franchit rapidement les \u00e9tapes classiques de la \u00ab&nbsp;progression de la vision p\u00e9n\u00e9trante&nbsp;\u00bb dont on dit qu\u2019elles pr\u00e9c\u00e8dent l\u2019\u00c9veil.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(20.515px, 1.282rem + ((1vw - 3.2px) * 1.419), 33px);text-transform:none\">Textes \u00e0 propos de Dipa Ma<\/h2>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li class=\"has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/temoignages-de-personnes-ayant-connu-dipa-ma\/\" data-type=\"page\" data-id=\"1752\">T\u00e9moignages de personnes ayant connu Dipa Ma<\/a><\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/force-courage-et-determination\/\" data-type=\"page\" data-id=\"1756\">Force, courage et d\u00e9termination<\/a><\/li>\n\n\n\n<li class=\"has-medium-font-size\"><a href=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/lheritage-de-dipa-ma\/\" data-type=\"page\" data-id=\"1759\">L&rsquo;h\u00e9ritage de Dipa Ma<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/wp-content\/uploads\/2026\/05\/Dipa-Ma-Diaporama.mpeg\">Diaporama Dipa Ma<\/a><\/li>\n<\/ul>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Biographie Nani Bala Barua est n\u00e9e le 25 mars 1911, dans un village \u00e0 l\u2019est du Bengale, pr\u00e8s de la fronti\u00e8re birmane. 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