{"id":862,"date":"2026-05-03T17:50:01","date_gmt":"2026-05-03T17:50:01","guid":{"rendered":"https:\/\/www.dhammadelaforet.com\/?page_id=862"},"modified":"2026-05-03T17:55:13","modified_gmt":"2026-05-03T17:55:13","slug":"la-voie-vers-la-fin-de-la-souffrance","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.dhammadelaforet.org\/index.php\/la-voie-vers-la-fin-de-la-souffrance\/","title":{"rendered":"La Voie vers la fin de la souffrance"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Extrait de <em>Le Noble Octuple Sentier<\/em> par Bhikkhu Bodhi<\/strong><\/p>\n\n\n\n<h6 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(14px, 0.875rem + ((1vw - 3.2px) * 0.341), 17px);\">Traduction de Anne Michel et Jeanne Schut<\/h6>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La qu\u00eate d\u2019une voie spirituelle prend racine dans la souffrance. Elle ne commence pas avec la lumi\u00e8re et l\u2019extase, mais avec les dures attaques de la douleur, les d\u00e9ceptions et la confusion. Pourtant, pour que la souffrance donne naissance \u00e0 une qu\u00eate spirituelle authentique, elle doit \u00eatre plus qu\u2019une chose passivement re\u00e7ue de l\u2019ext\u00e9rieur. Elle doit appeler \u00e0 une r\u00e9alisation int\u00e9rieure, une perception qui va plus loin que la complaisance facile de notre rencontre habituelle avec le monde, pour entrevoir l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 perp\u00e9tuelle qui s\u2019ouvre sous nos pieds. Lorsque cette vision int\u00e9rieure s\u2019\u00e9veille, m\u00eame momentan\u00e9ment, elle peut nous pr\u00e9cipiter dans une profonde crise personnelle. Elle remet en question nos buts et nos valeurs ordinaires, d\u00e9fie nos pr\u00e9occupations routini\u00e8res et rend nos plaisirs habituels insatisfaisants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au d\u00e9but, de tels changements ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas bienvenus. Nous essayons de nier ce regard sur les choses et d\u2019\u00e9touffer nos doutes. Nous luttons pour tenir \u00e0 distance le m\u00e9contentement en nous inventant de nouveaux projets. Mais la flamme de la qu\u00eate, une fois allum\u00e9e, continue \u00e0 br\u00fbler et, si nous ne nous laissons pas d\u00e9tourner par des r\u00e9ajustements superficiels ou r\u00e9cup\u00e9rer par une version rafistol\u00e9e de notre optimisme naturel, la lumi\u00e8re originale va peut-\u00eatre briller \u00e0 nouveau, et nous confronter \u00e0 notre difficult\u00e9 essentielle. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment l\u00e0, lorsque toutes les possibilit\u00e9s d\u2019\u00e9chapper sont bloqu\u00e9es, que nous sommes pr\u00eats \u00e0 chercher une voie qui nous m\u00e8nera hors de la souffrance. Nous ne pouvons plus continuer \u00e0 d\u00e9river avec complaisance \u00e0 la surface de la vie, aveugl\u00e9ment pouss\u00e9s par notre soif de plaisirs sensoriels et par la pression des normes sociales. Une r\u00e9alit\u00e9 plus profonde nous interroge&nbsp;; nous avons entendu l\u2019appel d\u2019un bonheur plus stable et plus authentique et, tant que nous ne serons pas arriv\u00e9s \u00e0 destination, nous ne pourrons plus nous contenter de moins.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais nous sommes alors confront\u00e9s \u00e0 une nouvelle difficult\u00e9. Une fois reconnu notre besoin d\u2019une voie spirituelle, nous d\u00e9couvrons que les enseignements ne sont aucunement homog\u00e8nes ni mutuellement compatibles. Lorsque nous parcourons les rayons de la biblioth\u00e8que du patrimoine spirituel de l&rsquo;humanit\u00e9, ancien et contemporain, nous ne trouvons pas un seul volume bien rang\u00e9, mais un v\u00e9ritable bazar de syst\u00e8mes spirituels et de disciplines, se pr\u00e9sentant tous comme \u00e9tant la r\u00e9ponse la plus grande, la plus rapide, la plus puissante, ou la plus profonde \u00e0 notre qu\u00eate de l&rsquo;Ultime. Face \u00e0 ce foisonnement, nous tombons dans la confusion en essayant de les \u00e9valuer, de d\u00e9cider ce qui est vraiment lib\u00e9rateur, ce qui est une vraie solution \u00e0 nos besoins, et ce qui est une voie sans issue pleine de d\u00e9fauts cach\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me, on a volontiers recours aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019approche \u00e9clectique&nbsp;: nous choisissons, parmi les diverses traditions, celles qui r\u00e9pondent le mieux \u00e0 nos besoins, assemblant des pratiques et des techniques en un tout synth\u00e9tique qui est personnellement satisfaisant. Ainsi une personne peut combiner la m\u00e9ditation Bouddhiste de la pleine conscience avec des sessions Hindouistes de r\u00e9citation de mantras, des pri\u00e8res chr\u00e9tiennes avec des danses soufies, la Kabale juive avec des exercices de visualisation tib\u00e9tains. L\u2019\u00e9clectisme, toutefois, m\u00eame s\u2019il est parfois aidant pour faire une transition entre un chemin de vie essentiellement mondain et mat\u00e9rialiste, et une voie qui s\u2019oriente vers le spirituel, finalement s\u2019use. Si c\u2019est une demi-mesure confortable, ce n\u2019est pas satisfaisant comme v\u00e9hicule d\u00e9finitif.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il y a deux d\u00e9fauts interconnect\u00e9s dans l&rsquo;\u00e9clectisme qui montrent qu\u2019il n\u2019est pas ad\u00e9quat au final. D\u2019une part, l\u2019\u00e9clectisme compromet les traditions sur lesquelles il s\u2019appuie. Les grandes traditions elles-m\u00eames ne proposent pas leurs disciplines comme des techniques ind\u00e9pendantes qui peuvent \u00eatre s\u00e9par\u00e9es de leur base et r\u00e9ajust\u00e9es librement pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de notre vie. Elles se pr\u00e9sentent plut\u00f4t comme des parties d\u2019un tout, d\u2019une vision coh\u00e9rente de la nature fondamentale de la r\u00e9alit\u00e9 et de l\u2019objectif final de la qu\u00eate spirituelle. Une tradition spirituelle n\u2019est pas un ruisseau peu profond dans lequel on peut tremper un pied, puis vite battre en retraite sur le rivage. C\u2019est une rivi\u00e8re puissante et tumultueuse qui peut traverser la totalit\u00e9 du paysage de notre vie, et si quelqu\u2019un veut vraiment s\u2019y engager, il doit avoir le courage de jeter son bateau \u00e0 l\u2019eau et de voguer vers les profondeurs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre d\u00e9faut de l\u2019\u00e9clectisme est une cons\u00e9quence du premier. Comme les pratiques spirituelles reposent sur des visions li\u00e9es \u00e0 la nature de la r\u00e9alit\u00e9 et \u00e0 l\u2019objectif Ultime, ces visions ne sont pas mutuellement compatibles. Quand nous examinons honn\u00eatement les enseignements de ces traditions, nous voyons que des diff\u00e9rences importantes de perspectives se r\u00e9v\u00e8lent, des diff\u00e9rences qui ne peuvent pas \u00eatre ais\u00e9ment \u00e9cart\u00e9es en pr\u00e9tendant qu\u2019elles sont des mani\u00e8res diff\u00e9rentes de dire la m\u00eame chose. Elles pointent plut\u00f4t vers des exp\u00e9riences tr\u00e8s diff\u00e9rentes constituant le but ultime et la voie \u00e0 suivre pour y acc\u00e9der.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ainsi, \u00e0 cause des diff\u00e9rences de perspectives et de pratiques propos\u00e9es par les diff\u00e9rentes traditions spirituelles, une fois que nous avons d\u00e9cid\u00e9 de l\u00e2cher l\u2019\u00e9clectisme, et que nous nous sentons pr\u00eats \u00e0 un engagement s\u00e9rieux dans une voie sp\u00e9cifique, nous nous trouvons confront\u00e9s au d\u00e9fi de choisir une voie qui va nous mener \u00e0 l\u2019\u00e9veil v\u00e9ritable et \u00e0 la lib\u00e9ration. Une cl\u00e9 pour r\u00e9soudre ce dilemme est de clarifier notre objectif fondamental, de d\u00e9terminer ce que nous cherchons dans une voie authentique de lib\u00e9ration. Si nous r\u00e9fl\u00e9chissons avec soin, il va devenir clair que le crit\u00e8re fondamental est une voie qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance. Tous les probl\u00e8mes peuvent \u00eatre fondamentalement r\u00e9duits au probl\u00e8me de la souffrance. Ainsi, ce dont nous avons besoin est un chemin qui va mettre fin \u00e0 ce probl\u00e8me d\u00e9finitivement et totalement. Ces deux aspects sont importants&nbsp;: ce chemin doit mener \u00e0 une cessation<em> compl\u00e8te<\/em> de la souffrance, une fin de la souffrance sous toutes ses formes, et \u00e0 une cessation <em>d\u00e9finitive<\/em> de la souffrance, amener la souffrance \u00e0 un arr\u00eat irr\u00e9versible.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais l\u00e0, nous nous heurtons \u00e0 une autre question&nbsp;: comment allons-nous trouver un tel chemin&nbsp;? Une voie qui a la capacit\u00e9 de nous amener \u00e0 la cessation totale et d\u00e9finitive de la souffrance&nbsp;? \u00c0 moins de suivre r\u00e9ellement un chemin jusqu\u2019\u00e0 son but, nous ne pouvons pas savoir avec certitude o\u00f9 il m\u00e8ne, et pour suivre un chemin jusqu\u2019\u00e0 son but, nous devons avoir une totale confiance dans son efficacit\u00e9. Le choix d\u2019une voie spirituelle n\u2019est pas semblable au choix d\u2019un nouvel habit. Pour choisir un nouveau v\u00eatement, nous en essayons un certain nombre, nous nous regardons dans le miroir et nous prenons l\u2019habit qui est le plus seyant. Le choix d\u2019une voie spirituelle est plus proche du mariage&nbsp;: on veut un partenaire pour la vie, quelqu\u2019un avec qui la relation sera aussi fiable et aussi durable que l\u2019\u00e9toile polaire dans le ciel nocturne.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 ce nouveau dilemme, on peut penser que nous sommes dans une impasse et conclure que nous n\u2019avons rien pour nous guider que notre inclination personnelle, qui est sujette \u00e0 caution. Cependant notre choix n\u2019a pas \u00e0 \u00eatre aussi aveugle et al\u00e9atoire, car nous avons un guide pour nous aider. Comme la voie spirituelle est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sent\u00e9e dans le cadre d\u2019un enseignement global, nous pouvons \u00e9valuer l\u2019efficacit\u00e9 d\u2019une voie particuli\u00e8re en investiguant les enseignements qui le pr\u00e9sentent.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En faisant cette investigation, nous pouvons consid\u00e9rer trois crit\u00e8res d\u2019\u00e9valuation&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">1\/ Les enseignements doivent donner une image compl\u00e8te et pr\u00e9cise de l\u2019\u00e9tendue de la souffrance. Si l\u2019image de la souffrance est incompl\u00e8te ou erron\u00e9e, alors la voie propos\u00e9e va vraisemblablement \u00eatre d\u00e9ficiente, incapable de mener \u00e0 une solution satisfaisante. Tout comme un patient souffrant a besoin d\u2019un m\u00e9decin capable de faire un diagnostic complet et correct de sa maladie, de m\u00eame en cherchant la d\u00e9livrance de la souffrance, nous avons besoin d\u2019enseignements qui pr\u00e9sentent un \u00e9tat de notre condition digne de confiance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">2\/ Le second crit\u00e8re exige une analyse correcte des causes de la souffrance. Les enseignements ne peuvent pas se limiter \u00e0 un survol des sympt\u00f4mes visibles. Ils doivent p\u00e9n\u00e9trer au-del\u00e0 des sympt\u00f4mes, jusqu\u2019aux causes et d\u00e9crire ces causes de mani\u00e8re pr\u00e9cise. Si des enseignements donnent une analyse d\u00e9fectueuse des causes de la souffrance, il y a peu de chances pour que le traitement soit un succ\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">3\/ Le troisi\u00e8me crit\u00e8re concerne directement la voie lui-m\u00eame. Il stipule que la voie offerte par les enseignements doit couper la souffrance \u00e0 sa racine. Cela veut dire qu\u2019ils doivent proposer une m\u00e9thode qui enl\u00e8ve la souffrance en \u00e9radiquant ses causes. S\u2019ils ne permettent pas de r\u00e9aliser cette solution radicale, leur valeur est ultimement nulle. La voie prescrite pourrait \u00e9liminer les sympt\u00f4mes et nous donner le sentiment que tout va bien&nbsp;; mais quelqu\u2019un atteint d\u2019une maladie incurable ne peut pas se limiter \u00e0 faire une chirurgie esth\u00e9tique alors que, sous la surface, les causes de la maladie continuent \u00e0 s\u2019\u00e9tendre.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour r\u00e9sumer, nous trouvons trois exigences qui montrent que les enseignements propos\u00e9s offrent un vrai chemin vers la cessation de la souffrance&nbsp;: 1\/ Il doit proposer une image compl\u00e8te et pr\u00e9cise de tous les aspects de la souffrance. 2\/ Il doit pr\u00e9senter une analyse correcte des causes de la souffrance 3\/ Il doit nous donner des moyens d\u2019\u00e9radiquer les causes de la souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous n\u2019allons pas \u00e9valuer ici toutes les diff\u00e9rentes disciplines spirituelles selon ces crit\u00e8res. Notre int\u00e9r\u00eat va se limiter au Dhamma, les enseignements du Bouddha, et \u00e0 la solution que ses enseignements offrent au probl\u00e8me de la souffrance. Que ces enseignements soient ad\u00e9quats pour r\u00e9soudre ce probl\u00e8me est \u00e9vident de par leur nature-m\u00eame. Car ces enseignements sont formul\u00e9s non pas comme un ensemble de doctrines sur le commencement et la fin de toute chose qui exigerait une croyance, mais comme un message de d\u00e9livrance de la souffrance qui pr\u00e9tend pouvoir \u00eatre v\u00e9rifi\u00e9 dans notre propre exp\u00e9rience. Avec ce message, il y a une m\u00e9thode d\u2019entra\u00eenement, une voie qui m\u00e8ne \u00e0 la fin de la souffrance. Cette voie, c\u2019est le Noble Octuple Sentier (<em>ariya atthangika magga<\/em>). Il est au c\u0153ur m\u00eame des enseignements du Bouddha. C\u2019est la d\u00e9couverte de cette voie qui donna \u00e0 l\u2019\u00e9veil personnel du Bouddha une dimension universelle et l\u2019\u00e9leva du statut d\u2019homme sage et bienveillant \u00e0 celui d\u2019enseignant du monde. Pour ses disciples, il \u00e9tait avant tout \u00ab&nbsp;le cr\u00e9ateur de la voie non cr\u00e9\u00e9e auparavant, le connaisseur de la voie, le guide tout au long de la voie, celui qui l\u2019a proclam\u00e9e&nbsp;\u00bb (MN108). Et il invite le chercheur \u00e0 se mettre en qu\u00eate avec la promesse et le d\u00e9fi&nbsp;suivants : \u00ab&nbsp;Tu dois pers\u00e9v\u00e9rer par toi-m\u00eame. Les Bouddhas ne sont que des enseignants. Ceux qui m\u00e9ditent et qui pratiquent la voie sont d\u00e9livr\u00e9s des entraves du mal&nbsp;\u00bb&nbsp;(Dhp v 276).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour voir l\u2019Octuple Sentier comme un v\u00e9hicule ad\u00e9quat pour mener \u00e0 la lib\u00e9ration, nous devons le tester selon ces trois crit\u00e8res&nbsp;: les aspects de la souffrance d\u00e9finis par le Bouddhas, son analyse des causes de la souffrance, et le programme qu\u2019il offre comme rem\u00e8de.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(20.515px, 1.282rem + ((1vw - 3.2px) * 1.419), 33px);\">Les domaines de la souffrance<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha ne fait pas qu\u2019aborder vaguement le probl\u00e8me de la souffrance. Il en fait vraiment la pierre angulaire de ses enseignements. Il commence l\u2019\u00e9nonc\u00e9 des Quatre Nobles V\u00e9rit\u00e9s, qui sont un r\u00e9sum\u00e9 de son message, par l\u2019affirmation que la vie est ins\u00e9parablement li\u00e9e \u00e0 quelque chose qu\u2019il appelle <em>dukkha<\/em>. Le mot p\u0101li est souvent traduit par \u00ab&nbsp;souffrance&nbsp;\u00bb, mais il signifie quelque chose de plus profond que la douleur et la mis\u00e8re humaine. Il fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une insatisfaction de base qui nous suit durant toute notre vie tant que nous ne sommes pas \u00e9veill\u00e9s. Parfois, l\u2019insatisfaction jaillit sous forme de chagrin, de tristesse, de d\u00e9ception, ou de d\u00e9sespoir mais, en g\u00e9n\u00e9ral, elle se tient \u00e0 la limite de la conscience, comme une sensation vague et peu pr\u00e9cise que les choses ne sont jamais tout \u00e0 fait parfaites, jamais pleinement en ad\u00e9quation avec nos attentes. La r\u00e9alit\u00e9 de <em>dukkha<\/em>, dit le Bouddha, est la seule vraie question spirituelle. Les autres probl\u00e8mes \u2013 les questions th\u00e9ologiques et m\u00e9taphysiques qui ont tourment\u00e9 les penseurs religieux \u00e0 travers les si\u00e8cles \u2013 il les met de c\u00f4t\u00e9 car ce sont, dit-il, \u00ab&nbsp;des domaines qui ne m\u00e8nent pas \u00e0 la lib\u00e9ration&nbsp;de la souffrance \u00bb. Ce qu\u2019il enseigne, c\u2019est uniquement la souffrance et la fin de la souffrance.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha ne s\u2019arr\u00eate pas aux g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s. Il continue en exposant les diff\u00e9rentes formes que prend cette souffrance, les formes \u00e9videntes et les formes subtiles. Il commence par ce qui est proche de nous, la souffrance inh\u00e9rente au processus physique de la vie m\u00eame. L\u00e0, la souffrance se manifeste dans la naissance, la vieillesse et la mort, dans notre vuln\u00e9rabilit\u00e9 \u00e0 la maladie, aux accidents et aux blessures, et m\u00eame dans la faim et la soif. Elle appara\u00eet encore dans nos r\u00e9actions int\u00e9rieures aux situations et aux \u00e9v\u00e8nements d\u00e9sagr\u00e9ables, dans le chagrin, la col\u00e8re, la frustration et la peur qui \u00e9mergent lors de s\u00e9parations douloureuses, lors de rencontres d\u00e9plaisantes, ou lorsque nous ne parvenons pas \u00e0 obtenir ce que nous voulons. M\u00eame nos plaisirs, dit le Bouddha, ne sont pas libres de <em>dukkha<\/em>. Ils nous donnent du bonheur tant qu\u2019ils durent, mais ils ne durent pas \u00e9ternellement. \u00c0 un moment donn\u00e9, ils se terminent et, quand ils disparaissent, leur perte nous fait ressentir le manque. Notre vie, en g\u00e9n\u00e9ral, est tendue entre la soif de plaisirs et la peur de souffrir. Nous passons nos journ\u00e9es courant apr\u00e8s l\u2019une et fuyant l\u2019autre, ne go\u00fbtant que rarement la paix du contentement. Une r\u00e9elle satisfaction semble \u00eatre toujours hors d\u2019atteinte, juste au-del\u00e0 de la prochaine ligne d\u2019horizon. Et, pour finir, il faut mourir, renoncer \u00e0 l\u2019identit\u00e9 que nous avons pass\u00e9 notre vie \u00e0 construire, laisser derri\u00e8re tous les \u00eatres et toutes les choses que nous aimons.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais m\u00eame la mort, enseigne le Bouddha, ne signifie pas la fin de <em>dukkha<\/em>, parce que le processus de vie ne s\u2019arr\u00eate pas \u00e0 la mort. Quand la vie s\u2019arr\u00eate dans un certain corps, \u00ab&nbsp;le continuum mental&nbsp;\u00bb, le courant individuel de conscience, jaillit \u00e0 nouveau ailleurs dans un nouveau corps comme support physique. Ainsi, le cycle continue encore et encore \u2013 naissance, vieillesse et mort \u2013 men\u00e9 par la soif d\u2019une nouvelle existence. Le Bouddha a dit que ce cycle des renaissances \u2013 appel\u00e9 <em>samsara<\/em>&nbsp;ou errance \u2013 tourne depuis des temps imm\u00e9moriaux. Il n\u2019a pas de point de d\u00e9part, pas d\u2019origine temporelle. Aussi loin que nous allions dans le pass\u00e9, nous trouvons toujours des \u00eatres vivants \u2013 nous-m\u00eames dans des vies pass\u00e9es \u2013 errant d\u2019un \u00e9tat d\u2019existence \u00e0 un autre. Le Bouddha d\u00e9crit divers r\u00e8gnes o\u00f9 nous pouvons rena\u00eetre&nbsp;: les r\u00e8gnes infernaux, le r\u00e8gne animal, le r\u00e8gne humain, le r\u00e8gne de f\u00e9licit\u00e9 c\u00e9leste. Mais aucun de ces r\u00e8gnes ne peut offrir un refuge d\u00e9finitif. La vie, quelle que soit son expression, doit avoir une fin. Elle est impermanente et donc marqu\u00e9e par l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 qui est la signification la plus profonde de <em>dukkha<\/em>. Pour cette raison, celui qui aspire \u00e0 la cessation compl\u00e8te de <em>dukkha<\/em> ne peut pas se contenter d\u2019un banal objectif mondain, d\u2019une quelconque position sociale, mais cherche \u00e0 \u00e9chapper \u00e0 toute cette tourmente d\u2019instabilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(20.515px, 1.282rem + ((1vw - 3.2px) * 1.419), 33px);\">Les causes de la souffrance<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des enseignements proposant de conduire \u00e0 la fin de la souffrance doivent, comme on l\u2019a vu, donner une conception fiable de l\u2019origine de ses causes. Car si nous voulons mettre un terme \u00e0 la souffrance, il faut l\u2019arr\u00eater l\u00e0 o\u00f9 elle commence, c\u2019est-\u00e0-dire au niveau de ses causes. Or, pour arriver aux causes, il faut une solide connaissance de leur nature et de leur fonctionnement C\u2019est pourquoi le Bouddha a consacr\u00e9 une part importante de ses enseignements \u00e0 identifier avec une grande finesse \u00ab&nbsp;la v\u00e9rit\u00e9 de l\u2019origine de <em>dukkha<\/em>&nbsp;\u00bb. Il localise cette origine en nous-m\u00eames, dans une maladie fondamentale qui impr\u00e8gne notre \u00eatre, qui engendre le d\u00e9sordre dans notre esprit et qui avilit nos relations avec les autres et le monde. Le signe de la maladie appara\u00eet dans notre tendance \u00e0 alimenter certains \u00e9tats mentaux nuisibles appel\u00e9s en p\u0101li <em>kilesa<\/em>, \u2013 mot g\u00e9n\u00e9ralement traduit par \u00ab&nbsp;impuret\u00e9s&nbsp;\u00bb ou \u00ab&nbsp;poisons mentaux&nbsp;\u00bb \u2013 qui sont classifi\u00e9s sous trois termes g\u00e9n\u00e9riques&nbsp;: avidit\u00e9, aversion et ignorance. L\u2019avidit\u00e9 (<em>lobha<\/em>) est le d\u00e9sir \u00e9gocentr\u00e9&nbsp;: le d\u00e9sir pour le plaisir et les possessions, le besoin de survie, l\u2019envie de renforcer l\u2019\u00e9go par le pouvoir, le statut et le prestige. L\u2019aversion (<em>dosa<\/em>) est une r\u00e9ponse n\u00e9gative qui s\u2019exprime par le rejet, l\u2019irritation, la condamnation, la haine, l\u2019hostilit\u00e9, la col\u00e8re, et la violence. L\u2019ignorance (<em>moha<\/em>) signifie l\u2019obscurit\u00e9 mentale, le manteau \u00e9pais de l\u2019insensibilit\u00e9 qui bloque l\u2019acc\u00e8s \u00e0 une compr\u00e9hension claire.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De ces trois racines \u00e9mergent toutes les autres impuret\u00e9s \u2013 vanit\u00e9, jalousie, ambition, l\u00e9thargie, arrogance etc. \u2013 et, de toutes ces impuret\u00e9s, branches et racines, jaillit <em>dukkha<\/em> sous ses diff\u00e9rents aspects&nbsp;: la douleur et le chagrin, la peur et le m\u00e9contentement, l\u2019errance sans fin d\u2019une vie \u00e0 l\u2019autre. Pour atteindre la lib\u00e9ration de la souffrance, il faut donc \u00e9liminer les impuret\u00e9s. Mais le travail d\u2019\u00e9radication des impuret\u00e9s doit se faire de mani\u00e8re m\u00e9thodique&nbsp;; il ne peut pas \u00eatre accompli par un simple acte de volont\u00e9 mais doit \u00eatre guid\u00e9 par l\u2019investigation. Nous devons d\u00e9couvrir de quoi d\u00e9pendent les <em>kilesa <\/em>et voir ensuite dans quelle mesure il est en notre pouvoir de supprimer ce qui les maintient si vivaces en nous.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha enseigne qu\u2019il y a une impuret\u00e9 \u00e0 la base de toutes les autres, une racine qui les maintient toutes en place. Cette racine est l\u2019ignorance <em>(avijja<\/em>). Cette forme d\u2019ignorance n\u2019est ni une simple absence de connaissance ni un manque d\u2019acc\u00e8s \u00e0 des informations sp\u00e9cifiques. Elle peut coexister avec une vaste accumulation de connaissances d\u00e9taill\u00e9es et, \u00e0 sa mani\u00e8re, elle peut \u00eatre extr\u00eamement ing\u00e9nieuse. Cette ignorance qui est \u00e0 la racine de <em>dukkha<\/em> est une obscurit\u00e9 fondamentale qui opacifie l\u2019esprit. Parfois elle agit de mani\u00e8re passive, se contentant de voiler une compr\u00e9hension correcte. D\u2019autres fois, elle prend un r\u00f4le actif&nbsp;: elle devient \u00ab&nbsp;le grand imposteur&nbsp;\u00bb, assemblant une masse de perceptions d\u00e9form\u00e9es et de concepts que l\u2019esprit saisit et attribue au monde, sans voir qu\u2019il s\u2019agit de ses propres constructions illusoires.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces perceptions et id\u00e9es erron\u00e9es nourrissent les impuret\u00e9s. Par exemple, lorsque l\u2019esprit entrevoit une possibilit\u00e9 de plaisir, il croit \u00e0 sa valeur et le r\u00e9sultat est l\u2019avidit\u00e9. Inversement, lorsque le besoin de gratification est contrari\u00e9, la col\u00e8re et l\u2019aversion jaillissent. Ou bien notre vision s\u2019obscurcit et nous nous perdons dans des croyances erron\u00e9es. Nous d\u00e9couvrons ainsi le terreau de <em>dukkha<\/em>&nbsp;: l\u2019ignorance qui g\u00e9n\u00e8re les impuret\u00e9s, lesquelles g\u00e9n\u00e8rent la souffrance. Tant que cette matrice causale sera pr\u00e9sente, nous ne serons pas encore hors de danger. Nous pouvons, bien s\u00fbr, trouver du plaisir et un semblant de bonheur \u2013 plaisirs des sens, plaisirs sociaux, plaisirs du c\u0153ur et de l\u2019esprit. Mais malgr\u00e9 tous les plaisirs et les joies \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, et m\u00eame si nous arrivons \u00e0 esquiver la douleur, le probl\u00e8me fondamental demeure au fond de notre \u00eatre et nous continuons \u00e0 nous mouvoir dans les limites de <em>dukkha<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\" style=\"font-size:clamp(20.515px, 1.282rem + ((1vw - 3.2px) * 1.419), 33px);\">\u00c9radiquer les causes de la souffrance<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour nous lib\u00e9rer d\u00e9finitivement de la souffrance, nous devons la couper \u00e0 la racine, autrement dit, \u00e9radiquer l\u2019ignorance. Mais comment faire ? La r\u00e9ponse d\u00e9coule de la nature m\u00eame de l\u2019ignorance&nbsp;: comme c\u2019est un \u00e9tat de non-connaissance des choses telles qu\u2019elles sont, ce qui est n\u00e9cessaire, c\u2019est de conna\u00eetre les choses r\u00e9ellement telles qu\u2019elles sont. Pas seulement en avoir une connaissance conceptuelle mais aussi une connaissance perceptuelle, un savoir qui soit aussi un \u00ab&nbsp;voir&nbsp;\u00bb. Cette sorte de connaissance est appel\u00e9e sagesse (<em>pa\u00f1\u00f1a<\/em>). La sagesse aide \u00e0 corriger l\u2019action d\u00e9formante de l\u2019ignorance. Elle nous permet d\u2019appr\u00e9hender les choses comme elles sont dans la r\u00e9alit\u00e9, directement, imm\u00e9diatement, sans l\u2019\u00e9cran des id\u00e9es, des opinions et des projections que notre esprit installe d\u2019ordinaire entre lui et la r\u00e9alit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour \u00e9liminer l\u2019ignorance, nous avons donc besoin de la sagesse. Mais comment acqu\u00e9rir la sagesse&nbsp;? En tant que connaissance indubitable de la nature ultime des choses, la sagesse ne peut pas \u00eatre obtenue par un simple apprentissage, en assemblant et en accumulant une s\u00e9rie de faits. Pourtant, dit le Bouddha, la sagesse peut \u00eatre cultiv\u00e9e et r\u00e9alis\u00e9e gr\u00e2ce \u00e0 un ensemble de conditions que nous avons le pouvoir de d\u00e9velopper. Ces conditions sont les facteurs mentaux de la conscience qui s\u2019embo\u00eetent en une structure syst\u00e9matique. C\u2019est l\u2019Octuple Sentier. Cette voie propos\u00e9e par le Bouddha est comme un pont soutenant un mouvement menant \u00e0 un but&nbsp;: la fin de la souffrance. Les huit facteurs mentaux du Noble Octuple Sentier sont la Compr\u00e9hension Juste, la Pens\u00e9e Juste, la Parole Juste, l\u2019Action Juste, les Moyens d\u2019existence Juste, l\u2019Effort Juste, l\u2019Attention Juste et la Concentration Juste.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le Bouddha appelle cette voie \u00ab&nbsp;la voie du milieu&nbsp;\u00bb (<em>majjhima patipada<\/em>) car elle \u00e9vite les deux attitudes extr\u00eames pour tenter d\u2019\u00e9chapper \u00e0 la souffrance. La premi\u00e8re consiste \u00e0 se complaire dans le plaisir des sens&nbsp;; cette approche donne du plaisir mais la jouissance obtenue est grossi\u00e8re, transitoire, et vide de contentement profond. Le Bouddha reconna\u00eet que le plaisir sensoriel peut exercer un attrait puissant sur l\u2019esprit des \u00eatres humains et il est tr\u00e8s conscient du vif attachement que les gens d\u00e9veloppent pour le plaisir des sens. Mais il sait aussi combien ce plaisir est tr\u00e8s inf\u00e9rieur au bonheur qui r\u00e9sulte de la renonciation, c\u2019est pourquoi il a souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9 que la voie vers l\u2019ultime exige, au final, l\u2019abandon des d\u00e9sirs sensoriels. Il d\u00e9crit le fait de se complaire dans le plaisir des sens comme \u00ab&nbsp;bas, commun, banal, vil, ne menant pas au but&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L\u2019autre extr\u00eame est la pratique de la mortification. Cette approche peut provenir d\u2019une aspiration sinc\u00e8re \u00e0 la d\u00e9livrance, mais elle est fond\u00e9e sur une hypoth\u00e8se erron\u00e9e&nbsp;: prendre le corps pour la cause de ses tourments, alors que la vraie cause se situe au niveau de l\u2019esprit obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019avidit\u00e9, l\u2019aversion et l\u2019ignorance. Pour lib\u00e9rer l\u2019esprit de ces souillures, la mortification du corps est non seulement inutile mais aussi contre-productive puisqu\u2019elle d\u00e9t\u00e9riore un instrument n\u00e9cessaire&nbsp;: le corps. Ainsi, le Bouddha d\u00e9crit cet autre extr\u00eame comme \u00ab&nbsp;douloureux, ignoble, ne menant pas au but&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">\u00c9tant libre de ces deux extr\u00eames, l\u2019Octuple Sentier est appel\u00e9 \u00ab&nbsp;la voie du milieu&nbsp;\u00bb, pas dans le sens o\u00f9 il serait un compromis entre les extr\u00eames, mais dans le sens o\u00f9 il les transcende tous deux en \u00e9vitant les erreurs de chacun. La voie \u00e9vite l\u2019extr\u00eame des plaisirs sensoriels en reconnaissant la futilit\u00e9 du d\u00e9sir et il met l\u2019accent sur le renoncement. Le d\u00e9sir et la sensualit\u00e9, loin d\u2019\u00eatre des moyens de trouver le bonheur, sont des sources de souffrance \u00e0 abandonner si nous aspirons \u00e0 la d\u00e9livrance. Mais la pratique du renoncement ne vise pas \u00e0 tourmenter le corps. Elle consiste en un entra\u00eenement mental qui n\u00e9cessite un corps sain qui puisse soutenir efficacement le travail int\u00e9rieur. Le corps doit donc \u00eatre bien entretenu et maintenu en bonne sant\u00e9 tandis que les facult\u00e9s mentales sont entra\u00een\u00e9es \u00e0 g\u00e9n\u00e9rer la sagesse lib\u00e9ratrice. C\u2019est la voie du milieu, le Noble Octuple Sentier, qui \u00ab&nbsp;donne acc\u00e8s \u00e0 la vision sage, \u00e0 la connaissance, qui m\u00e8ne \u00e0 la paix, \u00e0 la connaissance directe, \u00e0 l\u2019illumination, au nibb\u0101na&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Extrait de Le Noble Octuple Sentier par Bhikkhu Bodhi Traduction de Anne Michel et Jeanne Schut La qu\u00eate d\u2019une voie spirituelle prend racine dans la souffrance. Elle ne commence pas avec la lumi\u00e8re et l\u2019extase, mais avec les dures attaques de la douleur, les d\u00e9ceptions et la confusion. 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