Extrait du livre d’Ajahn Chah « Méditation et sagesse »
Traduction de Jeanne Schut
Enseignement donné, le premier jour de la Retraite des Pluies,
à une assemblée de moines nouvellement ordonnés à Wat Pah Pong, en juillet 1978.
Inspirez et expirez simplement comme cela. Ne vous intéressez à rien d’autre. Si quelqu’un se met sur la tête avec les jambes en l’air, peu importe ; n’y prêtez aucune attention. Restez avec l’inspiration et l’expiration. Concentrez votre attention sur le souffle et continuez ainsi.
Ne pensez à rien d’autre. Il est inutile de penser à obtenir quelque chose. Ne pensez à rien du tout. Soyez simplement conscients de l’inspiration et de l’expiration. L’inspiration et l’expiration. Vous pouvez ajouter le son Boud- sur l’inspiration et -dho sur l’expiration. Restez près de votre souffle de cette manière jusqu’à être conscients de l’inspiration et conscients de l’expiration… conscients de l’inspiration… conscients de l’expiration. Soyez attentifs comme cela jusqu’à ce que l’esprit soit paisible, sans irritation, sans agitation – il n’y a que l’air qui entre et qui sort. Laissez l’esprit demeurer dans cet état. Vous n’avez pas encore besoin d’un objectif ; c’est seulement la première étape de la pratique.
Si l’esprit est détendu et paisible, il sera naturellement conscient et attentif. Plus vous restez proches de lui, plus le souffle s’apaise, plus il devient ténu. Le corps devient souple, l’esprit devient souple – c’est un processus naturel. L’assise est confortable, vous n’êtes pas mous, vous ne dodelinez pas de la tête, vous n’êtes pas endormis. L’esprit a une aisance naturelle dans tout ce qu’il fait, il est calme, il est en paix. Et puis, quand vous sortez de ce samadhi, vous vous dites : « Ça alors ! Que s’est-il passé ? » Vous vous souvenez de la paix que vous avez ressentie et vous ne l’oubliez plus jamais.
Ce qui vous suit dans cette expérience, c’est sati, la force de l’attention et sampajañña, la présence à ce qui est. Quoi que vous disiez ou fassiez, où que vous alliez – faire la quête de votre nourriture au village ou ailleurs –, pendant que vous mangez ou que vous lavez votre bol, soyez conscients de ce qui se passe vraiment. Soyez constamment attentifs et vigilants. Suivez les mouvements de l’esprit.
Quand vous pratiquez la méditation en marchant (cankama), choisissez un chemin – par exemple entre deux arbres – d’environ quinze mètres de long. Méditer en marchant, c’est comme méditer assis. Concentrez votre attention en vous disant : « Maintenant, je vais faire un effort. Avec sati-sampajañña – une grande attention et une totale présence à ce qui est – je vais pacifier mon esprit ». Là, l’objet de concentration dépend de chacun ; à vous de trouver celui qui vous convient. Certains envoient metta (une amitié bienveillante) à tous les êtres vivants puis, en partant du pied droit, marchent à une allure normale en utilisant le mantra Bouddho au rythme de la marche et en étant constamment conscients de cet objet d’attention. Si l’esprit s’agite, on s’arrête, on le calme et puis on reprend la marche. Soyez constamment présents à ce qui est : conscients au début du chemin, au milieu et à la fin ; conscients à toutes les étapes du chemin. Faites en sorte que cette attention soit continue.
Cankama – méditer en marchant – signifie littéralement « aller et venir ». Ce n’est pas facile. Ceux qui nous voient aller et venir sur le même bout de chemin nous prennent pour des fous. Ils ne réalisent pas que cankama génère une grande sagesse. Allez et venez. Si vous êtes fatigués, restez simplement debout sans bouger et calmez votre esprit. Concentrez votre attention de façon à rendre la respiration aisée. Quand vous la sentez détendue, reportez votre attention sur la marche.
Les postures changent d’elles-mêmes. Nous passons de la position debout à la marche, nous nous asseyons puis nous nous couchons. Nous ne pouvons pas être assis tout le temps, debout tout le temps ou couchés tout le temps. Nous sommes obligés de partager notre temps dans ces différentes postures, alors nous devons tirer parti de chacune d’elles : nous continuons à pratiquer dans toutes les positions… mais ce n’est pas facile !
Voici, pour vous faciliter la tâche, une manière de visualiser la pratique. Prenez un verre et posez-le sur une table. Au bout de deux minutes, déplacez légèrement le verre sur la table et laissez-le là deux minutes. Ensuite replacez-le où il était au départ et laissez-le deux minutes à nouveau. Continuez comme cela jusqu’à ce que vous commenciez à souffrir, jusqu’à ce que vous doutiez et puis jusqu’à ce que la sagesse apparaisse. L’esprit réagira d’abord avec un type de pensée habituelle : « Que suis-je en train de faire à déplacer un verre d’ici à là comme un fou ? » Mais peu importe ce qu’en diraient les autres, continuez à déplacer votre verre toutes les deux minutes, d’accord ? Et ne rêvez pas : deux minutes, pas cinq ! Dès que les deux minutes sont écoulées, vous déplacez le verre. Concentrez-vous là-dessus. Là, nous parlons d’action.
Observer vos inspirations et vos expirations revient au même. Asseyez-vous en posant le pied droit sur la jambe gauche et en tenant le dos droit. Observez l’inspiration tout au long de son déploiement, jusqu’à ce qu’elle disparaisse complètement dans l’abdomen. Quand l’inspiration est terminée, laissez l’air sortir jusqu’à ce que les poumons se vident mais ne forcez pas. Il n’est pas important que la respiration soit profonde, superficielle ou légère ; qu’elle soit simplement confortable pour vous. Assis, vous observez l’inspiration et l’expiration, et vous vous détendez dans cette observation. Ne permettez pas à l’esprit de s’égarer. S’il s’évade, arrêtez-vous, voyez où il est parti et pourquoi il ne suit pas la respiration. Ramenez-le à l’instant présent et faites en sorte qu’il reste avec la respiration. Il ne fait aucun doute qu’un jour vous serez récompensés de cette assiduité. Continuez, tout simplement. Faites-le comme si vous n’attendiez rien, comme si rien ne devait se produire, comme si vous ne saviez même pas qui observe, mais vous continuez quand même. C’est comme le riz que vous gardez dans la grange, prêt à être semé. Vous l’emportez dans les champs et, quand vous le semez, c’est comme si vous le jetiez. Vous le lancez dans les rizières sans vous en inquiéter et pourtant il va germer : les plants de riz poussent, vous les transplantez et vous obtenez du bon riz vert. C’est exactement pareil.
Quand vous êtes assis en méditation, vous vous dites peut-être : « Pourquoi suivre la respiration avec tant d’attention ? Même si je ne l’observais pas, elle continuerait à se faire. » Il y aura toujours une pensée ou une autre mais ce n’est qu’une idée, une expression de l’esprit. Oubliez-la ! Essayez encore et encore et encore, et apaisez votre esprit.
Quand l’esprit est en paix, le souffle se fait plus ténu, le corps se détend, l’esprit devient plus subtil. Un état d’équilibre s’installe, jusqu’au moment où vous avez peut-être l’impression que la respiration s’est arrêtée – mais il ne vous arrive rien. Si cela se produit, ne paniquez pas, ne partez pas en courant parce que vous croyez que vous avez cessé de respirer. Cela signifie simplement que votre esprit est en paix. Il n’y a rien à faire. Restez assis et observez tout ce qui pourra se présenter à votre esprit. Vous vous direz peut-être : « Hé ! Est-ce que je respire ? » C’est la même erreur. C’est l’esprit pensant. Quoi qu’il arrive, laissez les choses suivre leur cours naturel. Quelle que soit la sensation qui émerge, soyez-en conscients, observez-la, mais ne vous laissez pas tromper par elle. Continuez à observer, continuez !
Pratiquez souvent ainsi. Après le repas, lavez vos vêtements, étendez-les et, ensuite, allez directement à votre chemin de méditation. Marchez en répétant tout le temps Boud-dho, Boud-dho. Concentrez-vous sur le mot Bouddho en marchant. Usez votre chemin à force de marcher, usez-le jusqu’à ce qu’il ressemble à une tranchée qui vous arrive à mi-mollets ou aux genoux. Continuez à marcher !
Il ne s’agit pas de vous balader sur la longueur du sentier, pour la forme, en pensant à ceci ou à cela, pour ensuite entrer dans votre kouti, regarder avec envie votre natte au sol, vous allonger dessus et ronfler comme un porc. Si c’est ce que vous faites, vous n’obtiendrez rien du tout de la pratique.
Continuez à pratiquer jusqu’à n’en plus pouvoir et voyez les limites de la paresse. Continuez à observer jusqu’à dépasser la paresse. Quelle que soit votre expérience, vous devez avancer jusqu’au bout pour la traverser et pouvoir la dépasser. Ne croyez pas qu’il suffit de se répéter le mot « paix » pour que la paix arrive dès que l’on s’assoit, comme un interrupteur que l’on allume – et, si ce n’est pas le cas, on abandonne. Avec une telle attitude, vous ne trouverez jamais la paix.
C’est facile d’en parler mais difficile à faire. C’est comme les moines qui envisagent de quitter la vie monastique en se disant : « Planter du riz ne m’a pas l’air trop dur. Je ferais mieux d’être cultivateur. » Ils se lancent dans la vie de fermier sans rien savoir des vaches et des buffles, des charrues et des labours, sans rien savoir du tout. C’est ainsi qu’ils découvrent que, quand on parle de planter du riz, le travail a l’air facile mais, quand on s’y essaye vraiment, on découvre exactement quelles difficultés il réserve.
Tout le monde aimerait trouver la paix facilement. En vérité, la paix est juste là mais vous ne le savez pas encore. Vous pouvez la chercher, vous pouvez en parler tant que vous voudrez mais vous ne saurez pas ce qu’elle est.
Alors pratiquez ! Suivez la paix jusqu’à la connaître, en suivant la respiration, en vous concentrant sur la respiration avec le mantra Bouddho. C’est tout, rien de plus. Ne laissez pas l’esprit s’évader ailleurs. En cet instant, ayez cette présence connaissante. Faites-le ! N’étudiez rien de plus, juste cela. Pratiquez simplement de cette manière. Si vous commencez à craindre que rien ne se passe, continuez quand même. Continuez quoi qu’il arrive et vous arriverez à connaître la respiration.
Bien, alors maintenant, essayez ! Si vous vous asseyez de cette manière et que l’esprit comprend ce qu’il a à faire, il atteindra un état optimum, juste comme il faut. Quand l’esprit est paisible, la présence à ce qui est apparaît naturellement. A ce moment-là, si vous voulez passer toute la nuit assis en méditation, vous ne sentirez aucune douleur parce que l’esprit y prendra plaisir. Quand vous en arriverez là, quand vous serez « bons en méditation », vous découvrirez peut-être que vous avez envie d’enseigner le Dhamma à vos amis à longueur de temps ! Cela arrive, parfois.
C’est ce qui s’est passé avec Por Sang à l’époque où il était encore novice. Une nuit, il pratiqua cankama puis s’assit en méditation. Son esprit devint soudain vif et lumineux, et il ressentit le besoin pressant d’exposer le Dhamma. Il ne pouvait pas se retenir ! J’entendais la voix de quelqu’un qui faisait un exposé dans les bambous… et il n’y allait pas de main morte ! Je me dis : « Est-ce quelqu’un qui donne un enseignement ou quelqu’un qui se plaint de quelque chose ? » Comme la voix ne s’arrêtait pas, je pris ma lampe torche et allai voir. C’était bien ce qu’il me semblait : au beau milieu des bambous, assis jambes croisées, à la lueur d’une lanterne, Por Sang parlait… et il parlait si vite que je ne pouvais pas le suivre.
Alors, je lui criai : « Por Sang, es-tu devenu fou ? »
Il répondit : « Je ne sais pas ce qui m’arrive. J’ai juste envie de parler du Dhamma. Je m’assois et il faut que je parle ; je marche et il faut que je parle. Il faut absolument que j’explique le Dhamma sans arrêt. Je ne sais pas jusqu’à quand cela va durer ! »
Je me dis alors : « Quand les gens pratiquent le Dhamma, il n’y a pas de limite aux choses qui peuvent se produire. »
Alors, continuez à pratiquer ! Ne vous arrêtez pas. Ne suivez pas vos envies ; allez à l’encontre de vos habitudes : pratiquez quand vous vous sentez paresseux et pratiquez quand vous vous sentez en forme. Pratiquez quand vous êtes assis et pratiquez quand vous marchez. Quand vous vous allongez, concentrez-vous sur votre respiration et dites-vous : « Je ne vais pas me complaire dans le plaisir de la position couchée. » Entraînez votre cœur de cette manière. Levez-vous dès que vous vous réveillez et poursuivez vos efforts.
Quand vous mangez, dites-vous : « Je mange cette nourriture, pas avec gourmandise mais comme un remède qui va soutenir mon corps pendant un jour et une nuit, seulement pour me permettre de continuer ma pratique. »
Quand vous vous couchez, entraînez votre esprit. Quand vous mangez, entraînez votre esprit. Maintenez cette attitude à tout moment. Si vous devez vous lever, soyez-en conscients ; si vous êtes sur le point de vous allonger, soyez-en conscients. Quoi que vous fassiez, soyez-en conscients.
Quand vous vous allongez, couchez-vous sur le côté droit et concentrez-vous sur la respiration en utilisant le mantra Bouddho jusqu’à ce que vous vous endormiez. Quand vous vous réveillez, c’est comme si Bouddho ne vous avait pas quitté. Il n’a pas été interrompu. Pour que la paix apparaisse, il faut que l’attention soit présente en permanence. N’allez pas voir des gens, ne vous intéressez pas à leurs affaires ; intéressez-vous seulement aux vôtres.
Quand vous êtes assis en méditation, veillez à garder le dos droit. Ne vous penchez pas trop en avant ni en arrière. Maintenez une posture équilibrée, juste comme il faut, comme la statue du Bouddha. Ceci permettra à votre esprit d’être clair et lumineux.
Si la posture vous devient douloureuse, tenez bon aussi longtemps que possible avant de bouger. S’il y a une douleur, il y a une douleur. Ne vous empressez pas de changer de posture pour autant. Ne vous dites pas : « Oh ! C’est trop. Je ferais mieux de me reposer. » Endurez patiemment jusqu’à ce que la douleur culmine, et puis endurez encore un peu.
Endurez, endurez jusqu’à ne plus pouvoir maintenir le mantra Bouddho. À ce moment-là, prenez comme objet de méditation l’endroit douloureux. « Oh ! Mal. Mal. Ça fait vraiment mal. » La douleur peut devenir votre objet de méditation et remplacer Bouddho. Concentrez-vous dessus sans cesse et gardez la posture. Quand la douleur atteint ses limites, voyez ce qui se passe.
Le Bouddha a dit que la douleur arrive toute seule et repart toute seule. Laissez-la disparaître ; ne baissez pas les bras. Il peut arriver que vous vous mettiez à transpirer, que des gouttes de sueur grosses comme des grains de maïs coulent sur votre poitrine. Mais, quand vous aurez traversé pleinement une grosse douleur une fois, vous saurez tout de la douleur. Continuez ! Ne vous poussez pas trop mais continuez simplement et régulièrement à pratiquer.
Soyez attentifs quand vous mangez. Vous mâchez et vous avalez : où va la nourriture ? Sachez quels sont les aliments qui vous conviennent et ceux qui ne vous réussissent pas. Essayez d’évaluer la quantité de nourriture que vous mangez et, quand vous pensez qu’avec cinq bouchées de plus vous seriez rassasiés, arrêtez-vous et buvez un peu d’eau : vous aurez mangé juste la bonne quantité. Si vous allez méditer après, assis ou en marchant, vous ne vous sentirez pas lourds et votre méditation progressera.
Essayez ! Voyez si vous pouvez le faire ou pas. Bien sûr, ce n’est pas comme cela que nous faisons d’habitude. Quand nous sommes rassasiés, nous ajoutons encore cinq bouchées de plus ; cela, c’est ce que l’esprit nous dit de faire parce qu’il ne sait pas s’entraîner tout seul. L’avidité et les concepts erronés vont dans une direction opposée à celle des enseignements du Bouddha. Celui qui ne souhaitera pas véritablement entraîner son esprit sera incapable de le faire. Observez votre esprit sans cesse.
Soyez vigilants dans votre sommeil. Votre succès dépendra de votre attention aux « moyens habiles ». La durée de sommeil peut varier ; certains soirs, vous vous coucherez tôt, d’autres fois tard mais, dans tous les cas, pratiquez ainsi : quelle que soit l’heure à laquelle vous vous couchez, dormez d’un trait. Dès que vous vous réveillez, levez-vous ! Ne vous rendormez pas ! Que vous dormiez peu ou beaucoup, dormez seulement d’un trait. Prenez l’engagement de vous lever dès que vous vous réveillerez, même si vous n’avez pas assez dormi. Levez-vous, lavez-vous le visage et commencez à méditer en marchant ou assis. Apprenez à vous entraîner de cette manière. Ce n’est pas quelque chose que vous apprendrez en écoutant quelqu’un parler. Vous saurez ce que c’est en vous entraînant, en agissant, en le faisant. C’est pourquoi je vous dis de pratiquer.
Cet entraînement du cœur et de l’esprit est difficile. Quand vous êtes assis en méditation, ne gardez qu’un seul objet de concentration à l’esprit. Que votre attention reste posée sur l’inspiration et l’expiration, et votre esprit se calmera peu à peu. S’il est agité, c’est qu’il est tourné vers plusieurs objets : pensez-vous à votre maison ou à votre famille ? Certaines personnes rêvent d’un bon plat de nouilles ! Quand on vient de se faire ordonner moine, on a toujours faim[1]. On a envie de manger et de boire. On pense à toutes sortes de nourritures, l’esprit en est obsédé. Si c’est ce qui se passe pour vous, laissez faire ! Sachez seulement que, dès que vous aurez dépassé ce stade, l’envie disparaîtra.
Pratiquez ! Avez-vous déjà pratiqué la méditation en marchant ? Comment était-ce ? Votre esprit vagabonde-t-il ? Si c’est le cas, arrêtez-vous et laissez-le revenir au présent. S’il vagabonde beaucoup, arrêtez de respirer. Retenez votre souffle jusqu’à ce que les poumons soient sur le point d’éclater… et l’esprit reviendra de lui-même ! Même si l’esprit est vraiment agaçant, s’il s’échappe dans toutes les directions, retenez votre souffle. Quand vos poumons seront sur le point d’éclater, votre esprit reviendra. Vous devez dynamiser l’esprit. Entraîner l’esprit n’est pas comme dresser un animal. L’esprit est vraiment difficile à apprivoiser mais ne vous laissez pas décourager. Si vous retenez votre souffle, vous ne pourrez plus penser à quoi que ce soit et l’esprit reviendra vite de son plein gré.
C’est comme de l’eau dans une bouteille. Si on la penche doucement, l’eau coule goutte à goutte – pop… pop… Mais si on penche davantage la bouteille, l’eau s’écoule dans un flot continu. C’est pareil pour l’attention : si nous accélérons nos efforts, que nous pratiquons de manière régulière et continue, notre attention deviendra ininterrompue, comme un cours d’eau. Que nous soyons debout, en train de marcher, assis ou allongés et quoi que nous fassions, cette présence consciente veillera sur nous.
Commencez dès maintenant ! Essayez mais ne soyez pas pressés Si vous vous contentez de vous asseoir en attendant de voir ce qui va se passer, vous perdrez votre temps. Et faites attention : si vous forcez trop, vous ne réussirez pas mais si vous n’essayez pas du tout, vous ne réussirez pas non plus.
[1] Dans la tradition d’Ajahn Chah, les moines et les nonnes ne consomment qu’un seul repas par jour, le matin, après la quête des offrandes de nourriture.
