La joie du Bouddha

Ajahn Chah

Traduction de Jeanne Schut

Si tout est impermanent, insatisfaisant et impersonnel, quel est le but de l’existence ?

Un homme regarde une rivière couler. S’il ne veut pas qu’elle coule, qu’elle change constamment selon sa nature, il souffrira beaucoup. Un autre homme comprend que la nature de la rivière est de changer constamment, qu’il le veuille ou non, et, par conséquent, il ne souffre pas. Comprendre que l’existence est comme cette rivière, vide de plaisir durable, vide de « moi », c’est trouver ce qui est stable et exempt de souffrance, c’est trouver la vraie paix dans le monde.

Certaines personnes demanderont peut-être : « Alors, quel est le sens de la vie ? Pourquoi sommes-nous nés ? » Je ne peux pas vous le dire. Pourquoi mangez-vous ? Vous mangez pour ne plus avoir à manger. Vous êtes né pour ne pas avoir à naître de nouveau.

Parler de la vraie nature des choses, de leur impersonnalité – du fait qu’elles sont vides de « moi » – est difficile. Après avoir entendu les enseignements, chacun doit développer les moyens de les comprendre. Pourquoi pratiquons-nous ? S’il n’y a pas de « pourquoi », nous sommes en paix. Le chagrin ne peut pas s’emparer de celui qui pratique ainsi.

Les cinq agrégats sont des meurtriers. Si nous sommes attachés au corps, nous serons attachés au mental et vice versa. Nous devons cesser de croire ce que raconte notre mental.

Utilisez les préceptes et la méditation de la tranquillité pour développer la modération et une attention constante. Ensuite, vous verrez apparaître plaisir et déplaisir mais vous ne suivrez aucun des deux car vous serez conscient que tous les états d’esprit sont impermanents, insatisfaisants et impersonnels.

Apprenez à vous poser dans le calme. Dans ce calme, la vraie joie du Bouddha viendra vous trouver.