Le grand discours sur la fin de la soif du désir
Traduction de Jeanne Schut
Ainsi ai-je entendu. À une certaine occasion, le Bouddha vivait à Savatthi, dans le Verger de Jeta, le parc offert par Anathapindika. À ce moment-là, un bhikkhu nommé Sati Kevatthaputta (fils du pêcheur) eut l’idée erronée suivante : « Selon ma compréhension du Dhamma enseigné par le Bouddha, c’est la même conscience (viññana) qui transmigre et qui erre à travers le cycle des renaissances, pas une autre. »
De nombreux bhikkhus, ayant entendu dire cela, s’approchèrent de Sati, fils du pêcheur, et lui dirent : « Est-il vrai, ami Sati, que vous avez cette idée erronée ? » « C’est vrai, mes amis. Selon ma compréhension du Dhamma enseigné par le Bouddha, c’est la même conscience qui transmigre et qui erre à travers le cycle des renaissances, pas une autre. »
Alors, ces bhikkhus, afin de le détourner de cette idée erronée, le pressèrent de questions encore et encore et lui recommandèrent : « Ne parlez pas de cette façon, ami Sati. N’interprétez pas d’une manière inexacte la parole du Bouddha. Il n’est pas bon de mal interpréter la parole du Bouddha. Le Bouddha ne dirait jamais cela. Au contraire, de maintes façons, il a expliqué la conscience comme naissant de conditions interdépendantes car, sans conditions, la conscience ne se produit point. »
Malgré ces avertissements, questions et recommandations de la part de ces bhikkhus, Sati, fils du pêcheur, maintenait obstinément son idée erronée et persistait dans ses allégations.
N’ayant pu le détourner de son idée erronée, ces bhikkhus s’approchèrent du Bouddha. Ils lui rendirent hommage, s’assirent sur un côté et lui racontèrent tout ce qui s’était passé en ajoutant : « Vénérable, si nous vous rapportons maintenant ce cas, c’est parce que nous n’avons pas pu détourner le bhikkhu Sati de son idée erronée. »
Le Bouddha dit alors à un bhikkhu : « Allez dire au bhikkhu Sati, en mon nom, que le maître le fait appeler. » « Oui, Vénérable », répondit le bhikkhu. Le moine s’approcha de Sati et l’informa : « Ami Sati, le maître vous appelle. »
« Très bien, ami » répondit Sati, puis il alla voir le Bouddha.
Il lui rendit hommage, et s’assit sur le côté. Le Bouddha lui demanda :
« Est-il exact, Sati, que cette idée erronée est née en vous : ‘Selon ma compréhension du Dhamma enseigné par le Bouddha, c’est la même conscience qui transmigre et qui erre à travers le cycle des renaissances, pas une autre’ ? »
Bhikkhu Sati répondit : « C’est exact, Vénérable. Selon ma compréhension du Dhamma enseigné par le Bouddha, c’est la même conscience qui transmigre et qui erre à travers le cycle des renaissances, pas une autre. »
« Quelle est cette conscience, Sati ? »
« Vénérable, c’est ce qui parle, qui sent et qui ressent, ici et là, le résultat des bonnes et des mauvaises actions. »
Le Bouddha dit : « De qui, homme malavisé, avez-vous entendu que j’aie enseigné le Dhamma de cette manière ? Homme malavisé, n’ai-je pas, de maintes façons, expliqué la conscience comme naissant de conditions interdépendantes car sans condition la conscience ne se produit point ? Cependant vous, homme malavisé, en présentant de façon erronée une idée que vous avez saisie de manière incorrecte, non seulement vous m’interprétez d’une manière inexacte mais aussi vous vous faites du mal et vous accumulez beaucoup de démérites. Car cela vous apportera, homme malavisé, beaucoup de malheur et de souffrance pendant longtemps. »
Ensuite le Bouddha s’adressa aux autres bhikkhus en ces termes : « Qu’en pensez-vous, bhikkhus ? Sati a-t-il obtenu la moindre étincelle de sagesse de ce Dhamma et de cette discipline ? »
Les bhikkhus répondirent : « Comment l’aurait-il pu, Vénérable ? Certes non, Vénérable. »
Cela étant dit, le bhikkhu Sati restait assis en silence, consterné, les épaules tombantes, la tête basse, incapable de parler. Voyant cela, le Bouddha lui dit : « Homme malavisé, vous serez reconnu par votre propre idée erronée. Je vais interroger les autres bhikkhus à ce propos. »
Ensuite le Bouddha s’adressa aux bhikkhus en disant : « Moines, comprenez-vous le Dhamma enseigné par moi de la même manière que le bhikkhu Sati qui, en interprétant ma parole d’une manière erronée, non seulement se fait du mal mais accumule aussi beaucoup de démérites ? »
« Certes non, Vénérable. Car, dans de nombreux discours, le Bienheureux a expliqué la conscience comme naissant de conditions interdépendantes puisque, sans condition, la conscience ne se produit point. »
« Bien, bhikkhus. Il est bon que vous ayez ainsi compris le Dhamma que j’ai enseigné. De maintes façons, j’ai expliqué la conscience comme naissant de conditions interdépendantes puisque, sans condition, la conscience ne se produit point. Cependant, le bhikkhu Sati en présentant d’une façon erronée une idée qu’il a saisie de façon erronée, non seulement interprète ma parole d’une manière inexacte, mais encore il se fait du mal et accumule beaucoup de démérites. Car cela lui apportera beaucoup de malheur et de souffrance pendant longtemps.
Conditionnalité de la Conscience
« Bhikkhus, telle ou telle conscience est nommée suivant telle ou telle condition qui cause son apparition. Ainsi, en dépendance de l’œil et des formes matérielles, naît une conscience et elle est appelée conscience visuelle. En dépendance de l’oreille et des sons, naît une conscience et elle est appelée conscience auditive. En dépendance du nez et des odeurs, naît une conscience et elle est appelée conscience olfactive. En dépendance de la langue et des saveurs, naît une conscience et elle est appelée conscience gustative. En dépendance du corps et des objets tangibles par le corps, naît une conscience et elle est appelée conscience tactile. En dépendance de l’esprit et des objets mentaux, naît une conscience et elle est appelée conscience mentale.
C’est comme un feu que l’on nomme d’après tel ou tel combustible qui l’alimente. Si ce feu brûle à cause du bois, il est appelé feu de bois. Si ce feu brûle à cause de fagots, il est appelé feu de fagots. Si ce feu brûle à cause de l’herbe, il est appelé feu d’herbe. Si ce feu brûle à cause de la bouse sèche, il est appelé feu de bouse. Si ce feu brûle à cause de la paille, il est appelé feu de paille. Si ce feu brûle à cause d’ordures, il est appelé feu d’ordures. De même, telle ou telle conscience est nommée suivant telle ou telle condition qui cause son apparition. Quand, en dépendance de l’œil et des formes matérielles, naît une conscience, elle est appelée conscience visuelle (…), en dépendance de l’esprit et des objets mentaux, naît une conscience, elle est appelée conscience mentale.
Questions générales sur l’existence
« Bhikkhus, voyez-vous : ‘Ceci est venu à l’existence’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, voyez-vous : ‘Ceci est venu à l’existence alimenté par cela’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, voyez-vous : ‘Ce qui est venu à l’existence alimenté par cela, cesse d’exister avec la cessation de cet aliment’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute arrive-t-il quand on se pose des questions comme : ‘Ceci est-il venu à l’existence ?’ » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute arrive-t-il quand on se pose des questions comme : ‘Ceci est-il ou non venu à l’existence alimenté par cela ?’ » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute arrive-t-il quand on se pose des questions comme : ‘Ce qui est venu à l’existence alimenté par cela cesse-t-il ou non d’exister avec la cessation de cet aliment ?’» —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute se dissipe-t-il lorsqu’on voit la réalité des choses avec sagesse : ‘Ceci est venu à l’existence’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute se dissipe-t-il lorsqu’on voit la réalité des choses avec sagesse : ‘Ceci est venu à l’existence alimenté par cela’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, le doute se dissipe-t-il lorsqu’on voit la réalité des choses avec sagesse : ‘Ce qui est venu à l’existence alimenté par cela, cesse d’exister avec la cessation de cet aliment ’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, êtes-vous donc libérés du doute en ce qui concerne : ‘Ceci est venu à l’existence’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, êtes-vous donc libérés du doute en ce qui concerne : ‘Ceci est venu à l’existence alimenté par cela’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, êtes-vous donc libérés du doute en ce qui concerne : ‘Ce qui est venu à l’existence alimenté par cela, cesse d’exister avec la cessation de cet aliment’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, avez-vous bien vu, tel que c’est, avec sagesse : ‘Ceci est venu à l’existence’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, avez-vous bien vu, tel que c’est, avec sagesse : ‘Ceci est venu à l’existence alimenté par cela’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, avez-vous bien vu, tel que c’est, avec sagesse : ‘Ce qui est venu à l’existence alimenté par cela, cesse d’exister avec la cessation de cet aliment’ ? » —Oui, Vénérable.
« Bhikkhus, aussi purifiée et lumineuse que soit cette vision des choses, si vous vous y attachez et si vous la chérissez comme un trésor personnel, serez-vous capables de comprendre que ce Dhamma, semblable à un radeau, est enseigné non pas pour s’en saisir, mais [seulement] pour traverser ? » —Certainement non, Vénérable.
« Par contre, bhikkhus, aussi purifiée et lumineuse que soit cette vision des choses, si vous ne vous y attachez pas et si vous ne la chérissez pas comme un trésor personnel, serez-vous capables de comprendre que ce Dhamma, semblable à un radeau, est enseigné non pas pour s’en saisir, mais [seulement] pour traverser ? » —Oui, Vénérable.
Aliments et interdépendance
« Bhikkhus, il existe quatre sortes d’aliments pour maintenir l’existence des êtres déjà venus à l’existence et aussi pour soutenir ceux qui sont sur le point de venir à l’existence. Quelles sont ces quatre sortes d’aliments ? Le premier est la nourriture physique, légère ou solide. Le deuxième est le contact [entre les organes des sens et les objets sensoriels]. Le troisième est la volition mentale. Le quatrième est la conscience.
« Cependant, bhikkhus, quelle est la source, l’origine et la provenance de ces quatre sortes d’aliments ? La soif du désir (tanha) est la source, l’origine et la provenance de ces quatre sortes d’aliments.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de cette soif du désir ? Les ressentis (vedana) sont la source, l’origine et la provenance de cette soif du désir.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de cette sensation ? Le contact (phassa) est la source, l’origine et la provenance de cette sensation.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de ce contact ? Les six sphères des sens (salayatana) sont la source, l’origine et la provenance de ce contact.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance des six sphères des sens ? Les phénomènes mentaux et physiques (nama-rupa) sont la source, l’origine et la provenance de ces six sphères des sens.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de ces phénomènes mentaux et physiques ? La conscience (viññana) est la source, l’origine et la provenance de ces phénomènes mentaux et physiques.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de cette conscience ? Les formations mentales (sankhara) sont la source, l’origine et la provenance de cette conscience.
Cependant, quelle est la source, l’origine et la provenance de ces formations mentales ? L’ignorance (avija) est la source, l’origine et la provenance de ces formations mentales.
Développement sur l’apparition des phénomènes
« De cette façon, bhikkhus, les formations mentales sont conditionnées par l’ignorance. La conscience sensorielle est conditionnée par les formations mentales. Les phénomènes mentaux et physiques sont conditionnés par la conscience sensorielle. Les six sphères des sens sont conditionnées par les phénomènes physiques et mentaux. Le contact est conditionné par les six sphères des sens. Les ressentis sont conditionnés par le contact. La soif du désir est conditionnée par les ressentis. L’attachement (upadana) est conditionné par la soif du désir. Le processus du devenir (bhava) est conditionné par l’attachement. La naissance (jati) est conditionnée par le processus du devenir. Et ainsi, conditionnés par la naissance arrivent le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. Telle est l’origine de tout ce monceau de souffrance.
Questions inversées sur l’apparition des phénomènes
« Il a été dit : ‘Le vieillissement et la mort sont conditionnés par la naissance.’ D’après vous, bhikkhus, le vieillissement et la mort sont-ils conditionnés ou non par la naissance ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, le vieillissement et la mort sont conditionnés par la naissance. Nous voyons que le vieillissement et la mort sont conditionnés par la naissance. »
« Il a été dit : ‘La naissance est conditionnée par le processus du devenir.’ D’après vous, bhikkhus, la naissance est-elle conditionnée ou non par le processus du devenir ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, la naissance est conditionnée par le processus du devenir. Nous voyons que la naissance est conditionnée par le processus du devenir. »
« Il a été dit : ‘Le processus du devenir est conditionné par l’attachement.’ D’après vous, bhikkhus, le processus du devenir est-il conditionné ou non par l’attachement ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, le processus du devenir est conditionné par l’attachement. Nous voyons que le processus du devenir est conditionné par l’attachement. »
« Il a été dit : ‘L’attachement est conditionné par la soif du désir.’ D’après vous, bhikkhus, l’attachement est-il ou non conditionné par la soif du désir ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, l’attachement est conditionné par la soif du désir. Nous voyons que l’attachement est conditionné par la soif du désir. »
« Il a été dit : ‘La soif du désir est conditionnée par les ressentis.’ D’après vous, bhikkhus, la soif du désir est-elle conditionnée ou non par les ressentis ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, la soif du désir est conditionnée par les ressentis. Nous voyons que la soif du désir est conditionnée par les ressentis. »
« Il a été dit : ‘Les ressentis sont conditionnés par le contact.’ D’après vous, bhikkhus, les ressentis sont-ils conditionnés ou non par le contact ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, les ressentis sont conditionnés par le contact. Nous voyons que les ressentis sont conditionnés par le contact. »
« Il a été dit : ‘Le contact est conditionné par les six sphères des sens.’ D’après vous, bhikkhus, le contact est-il conditionné ou non par les six sphères des sens ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, le contact est conditionné par les six sphères des sens. Nous voyons que le contact est conditionné par les six sphères des sens. »
« Il a été dit : ‘Les six sphères des sens sont conditionnées par les phénomènes physiques et mentaux.’ D’après vous, bhikkhus, les six sphères sensorielles sont-elles conditionnées ou non par les phénomènes physiques et mentaux ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, les six sphères des sens sont conditionnées par les phénomènes physiques et mentaux. Nous voyons que les six sphères des sens sont conditionnées par les phénomènes physiques et mentaux. »
« Il a été dit : ‘Les phénomènes physiques et mentaux sont conditionnés par la conscience sensorielle.’ D’après vous, bhikkhus, les phénomènes mentaux et physiques sont-ils conditionnés ou non par la conscience sensorielle ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, les phénomènes physiques et mentaux sont conditionnés par la conscience sensorielle. Nous voyons que les phénomènes physiques et mentaux sont conditionnés par la conscience sensorielle. »
« Il a été dit : ‘La conscience sensorielle est conditionnée par les formations mentales.’ D’après vous, bhikkhus, la conscience sensorielle est-elle conditionnée ou non par les formations mentales ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, la conscience sensorielle est conditionnée par les formations mentales. Nous voyons que la conscience sensorielle est conditionnée par les formations mentales. »
« Il a été dit : ‘Les formations mentales sont conditionnées par l’ignorance.’ D’après vous, bhikkhus, les formations mentales sont-elles conditionnées ou non par l’ignorance ? Sinon, voyez-vous une autre raison ? »
« Vénérable, les formations mentales sont conditionnées par l’ignorance. Nous voyons que les formations mentales sont conditionnées par l’ignorance. »
Récapitulation sur l’apparition des phénomènes
« Bien, bhikkhus. Dans ce cas, vous et moi, nous disons la même chose : ‘Quand ceci existe, cela vient à l’existence ; ceci apparaissant, cela apparaît’. C’est-à-dire que les formations mentales sont conditionnées par l’ignorance. La conscience sensorielle est conditionnée par les formations mentales (…). Le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir sont conditionnés par la naissance. Telle est l’origine de tout ce monceau du souffrance.
Cependant, bhikkhus, avec la disparition et la cessation complète de l’ignorance, les formations mentales cessent ; avec la cessation des formations mentales, la conscience sensorielle cesse ; avec la cessation de la conscience sensorielle , les phénomènes physiques et mentaux cessent ; avec la cessation des phénomènes physiques et mentaux, les six sphères des sens cessent ; avec la cessation des six sphères des sens, le contact cesse ; avec la cessation du contact, les ressentis cessent ; avec la cessation des ressentis, la soif du désir cesse ; avec la cessation de la soif du désir, le processus de devenir cesse ; avec la cessation du processus de devenir, la naissance cesse ; avec la cessation de la naissance, cessent le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. Telle est la cessation de tout ce monceau de souffrance.
Développement sur la cessation des phénomènes
« Il a été dit : ‘Avec la cessation de la naissance le vieillissement et la mort cessent’. D’après vous, bhikkhus, avec la cessation de la naissance, le vieillissement et la mort cessent-ils ou ne cessent-ils pas ? Ou sinon, comment voyez-vous les choses ? »
« Vénérable, avec la cessation de la naissance, le vieillissement et la mort cessent. Nous voyons qu’avec la cessation de la naissance le vieillissement et la mort cessent.
(…)
« Il a été dit : ‘Avec la cessation de l’ignorance, les formations mentales cessent.’ D’après vous, bhikkhus, avec la cessation de l’ignorance, les formations mentales cessent-elles ou ne cessent-elles pas ? Ou sinon, comment voyez-vous les choses ? »
« Vénérable, avec la cessation de l’ignorance, les formations mentales cessent. Nous voyons qu’avec la cessation de l’ignorance les formations mentales cessent. »
Récapitulation sur la cessation des phénomènes
« Bien, bhikkhus. Dans ce cas, vous et moi, nous disons la même chose : ‘Quand ceci n’existe pas, cela ne vient pas à l’existence ; ceci cessant, cela cesse.’ C’est-à-dire qu’avec la cessation de l’ignorance, les formations mentales cessent ; avec la cessation des formations mentales, la conscience sensorielle cesse (…) avec la cessation de la naissance, cessent le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. Telle est la cessation de tout ce monceau de souffrance.
Connaissance personnelle
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, retourneriez-vous au passé en songeant : ‘Avons-nous existé dans le passé ? N’avons-nous pas existé dans le passé ? Qu’avons-nous été dans le passé ? Comment avons-nous été dans le passé ? Qu’est-ce que, ayant été [antérieurement], nous avons été dans le passé [proche] ?’ – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, vous précipiteriez-vous vers l’avenir en songeant : ‘Existerons-nous dans le futur ? N’existerons-nous pas dans le futur ? Que serons-nous dans le futur ? Comment serons-nous dans le futur ? Qu’est-ce que, ayant été [antérieurement], nous serons dans le futur ?’ – Non, Vénérable.
« Sachant et voyant les choses ainsi, vous interrogeriez-vous avec perplexité sur le présent, en songeant : ‘Sommes-nous ? Ne sommes-nous pas ? Que sommes-nous ? Comment sommes-nous ? D’où sommes-nous issus ? Où allons-nous ?’ – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, vous exprimeriez-vous ainsi : ‘Nous respectons le Maître et parlons ainsi par respect pour le Maître’ ? – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, vous exprimeriez-vous ainsi : ‘L’Ascète dit cela et nous le répétons parce qu’il nous le demande’ ? – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, reconnaîtriez-vous un autre maître ? – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, sachant et voyant les choses ainsi, retourneriez-vous vers les rituels, les débats houleux et les augures des ascètes et des brahmanes ordinaires en pensant que ces pratiques sont le cœur de la vie religieuse ? – Non, Vénérable.
« Bhikkhus, parlez-vous uniquement de ce que vous avez connu par l’expérience, que vous avez vu et compris par vous-mêmes ? —Oui, Vénérable.
« Bien, bhikkhus. Vous avez donc été guidés par moi avec ce Dhamma qui est visible ici et maintenant et donne des résultats immédiats. Il invite à voir et à comprendre ; il conduit à la perfection ; et les sages en ont fait l’expérience directe. C’est en référence à cela qu’il a été dit : ‘Bhikkhus, ce Dhamma est visible ici et maintenant et donne des résultats immédiats ; il invite à voir et à comprendre ; il conduit à la perfection ; et les sages en ont fait l’expérience directe.’ »
Le cycle de l’existence : de la conception à la maturité
« Bhikkhus, la conception [d’un être humain] se produit quand il y a réunion de trois éléments [le père, la mère et l’être destiné à être conçu]. Cependant, même si le père et la mère sont réunis, si la mère n’est pas dans sa période de fécondité et si le gandabbha [l’être qui va arriver] n’est pas présent, il n’y a pas de conception. Même si le père et la mère sont réunis et si la mère est dans sa période de fécondité, mais que le gandabbha n’est pas présent, il n’y a pas de conception. Cependant, si le père et la mère sont réunis, si la mère est dans sa période de fécondité et si le gandabbha est présent, alors, à cause de la réunion de ces trois éléments, la conception se produit.
« Ensuite, la mère porte le fœtus dans son utérus pendant neuf ou dix mois, avec beaucoup d’anxiété, comme une lourde charge. Ensuite, au bout de neuf ou dix mois, la mère donne naissance à l’enfant avec beaucoup d’anxiété, comme une lourde charge. Ensuite, quand l’enfant naît, la mère le nourrit son propre ‘sang’. [Selon la terminologie bouddhique, le lait maternel est appelé ‘sang’.]
« Lorsque l’enfant grandit et que ses facultés se développent, il joue à des jeux d’enfants, par exemple à la galipette ou avec un jouet charrue, un jouet moulin à vent, un jouet balance, un jouet charrette, un jouet arc, etc.
« Ensuite, lorsque l’enfant grandit et que ses facultés se sont encore développées, il s’amuse au moyen des cinq liens au plaisir sensoriel dont il est pourvu, à savoir les formes matérielles connaissables par l’œil, voulues, désirées, agréables, plaisantes, liées au plaisir sensoriel et générant la convoitise ; les sons connaissables par l’oreille … les odeurs connaissables par le nez … les saveurs connaissables par la langue …les choses tangibles connaissables par le corps, voulues, désirées, agréables, plaisantes, liées au plaisir sensoriel et générant la convoitise.
(…)
« Ainsi, lorsqu’il voit une forme par l’œil, il la convoite si elle est agréable et il la rejette si elle est désagréable. De cette façon, il demeure sans attention à son corps et avec un esprit limité. Il ne comprend pas, dans leur réalité, la libération de l’esprit et la libération par la sagesse au moyen desquelles ces états malsains peuvent être éliminés complètement chez lui. Engagé comme il l’est à convoiter ou rejeter au contact de n’importe quel ressenti – qu’il soit agréable, désagréable ou neutre – il se réjouit de ce ressenti, il accueille ce ressenti, il y reste en s’y attachant. Lorsqu’il se réjouit de ce ressenti, lorsqu’il l’accueille, lorsqu’il y reste en s’y attachant, naît chez lui le plaisir. Quand le plaisir vient d’un ressenti, il constitue l’attachement (upadana) ; avec l’attachement est conditionné le processus du devenir (bhava) ; avec le processus du devenir est conditionnée la naissance (jati) ; avec la naissance sont conditionnés le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. C’est ainsi qu’apparaît tout ce monceau de souffrance.
« Lorsqu’il entend un son avec l’oreille … Lorsqu’il sent une odeur avec le nez … Lorsqu’il goûte une saveur avec la langue … Lorsqu’il touche une chose tangible avec le corps …. Lorsqu’il a connaissance d’un objet mental, il le convoite s’il est agréable et il le rejette s’il est désagréable … Quand le plaisir vient d’une sensation, il constitue l’attachement ; avec l’attachement est conditionné le processus du devenir ; avec le processus du devenir est conditionnée la naissance ; avec la naissance sont conditionnés le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. C’est ainsi qu’apparaît tout ce monceau de souffrance.
L’entraînement progressif
« Alors, bhikkhus, apparaît dans le monde un Tathagata qui est complètement et parfaitement éveillé, parfait en sagesse et parfait en conduite, sublime, connaisseur des mondes, incomparable guide des êtres qui doivent être formés, instructeur des dévas et des humains, un éveillé, un bienheureux. Ayant connu lui-même par expérience directe le monde – avec ses dieux, ses Mara et ses Brahma, cette génération et tous ses ascètes et brahmines, tous ses princes et ses gens – il le fait connaître. Il enseigne le Dhamma, bon en son début, bon en son milieu, bon en sa fin, bon dans sa lettre et dans son esprit, et il exalte la vie religieuse absolument parfaite et pure.
« Alors un chef de famille, ou le fils d’un chef de famille, ou un individu né dans une autre famille entend ce Dhamma. L’ayant entendu, il ressent une confiance sereine en le Tathagata. Parce qu’il a cette confiance sereine, il réfléchit ainsi : ‘Cette vie au foyer est pleine d’obstacles et poussiéreuse ; la vie sans foyer est vaste et ouverte. Il n’est pas aisé de pratiquer la vie religieuse, absolument parfaite et pure comme une conque polie, en demeurant dans un foyer. Je pourrais me raser la barbe et les cheveux, couvrir mon corps de vêtements ocre et quitter ma maison pour mener une vie sans foyer.’ Plus tard, ayant abandonné l’ensemble de ses biens, quelle qu’en soit la valeur, ayant abandonné ses parents et son entourage, quel qu’en soit le nombre, s’étant rasé la barbe et les cheveux, ayant couvert son corps de vêtements ocre, il quitte sa maison pour mener une vie sans foyer.
« Étant ainsi devenu moine, recevant la formation d’un bhikkhu et menant une existence vertueuse, il a cessé de tuer des êtres vivants et s’abstient désormais de tuer des êtres vivants. Ayant déposé le bâton, déposé les armes, décent, compatissant, il demeure plein de bienveillance et de pitié envers tous les êtres vivants. Ayant abandonné le vol, il s’abstient de prendre ce qu’on ne lui offre pas. En ne prenant que ce qu’on lui offre, en ne volant pas, il demeure dans un état de pureté. Ayant abandonné les relations sexuelles, il est chaste : il se tient à l’écart et s’abstient de cette pratique vulgaire que sont les rapports sexuels.
« Ayant abandonné la parole mensongère, il s’abstient de mensonges. Il dit la vérité, s’attache à la vérité ; il est sûr et digne de confiance ; il ne trompe pas le monde par sa parole. Ayant abandonné la parole calomnieuse, il s’abstient de paroles calomnieuses ; ce qu’il a entendu ici, il ne le raconte pas là-bas pour séparer ceux-là de ceux-ci ; ce qu’il a entendu là-bas, il ne le raconte pas ici pour séparer ceux-ci de ceux-là. Il ne parle qu’en vue de réconcilier ceux qui sont désunis ou d’accroître l’amitié. Il se plaît dans l’harmonie, il trouve son plaisir dans l’harmonie, il trouve sa joie dans l’harmonie. Il ne parle que pour créer l’harmonie. Ayant cessé de parler durement, il s’abstient de paroles dures. Il ne prononce que des paroles aimables, agréables à l’oreille, affectueuses, allant droit au cœur des gens, courtoises ; des paroles que beaucoup espèrent, bonnes pour beaucoup. Ayant abandonné les paroles frivoles, il s’abstient de propos frivoles ; il parle au moment opportun selon les faits ; il parle de ce qui est bien ; il parle du Dhamma et de la discipline ; ses paroles, prononcées au moment opportun, sont dignes d’être retenues, raisonnables, modérées et bénéfiques.
« Il s’abstient d’abîmer les graines et les plantes. Il ne prend qu’un seul repas par jour, s’abstient de manger pendant la nuit et hors du temps correct. Il s’abstient de spectacles de danse, de chant, de musique ou de théâtre. Il s’abstient du port de guirlandes, de l’usage de parfums et d’onguents. Il s’abstient de dormir dans des lits grands et hauts.
« Il s’abstient d’accepter de l’or et de l’argent, des graines crues et de la viande crue. Il s’abstient d’accepter des femmes et des jeunes filles, des esclaves hommes ou femmes. Il s’abstient d’accepter des chèvres, des moutons, des coqs, des porcs, des éléphants, des bovins, des chevaux et des juments. Il s’abstient d’accepter des champs ou des terres. Il s’abstient de faire des courses pour les autres ou de porter leurs messages. Il s’abstient d’acheter et de vendre. Il s’abstient d’utiliser de faux poids, de fausses pièces et de fausses mesures. Il s’abstient d’accepter des pots de vin, de tromper, de frauder et de tricher. Il s’abstient de blesser, de tuer, d’attacher ; il s’abstient de brigandage, de pillage et de violence.
« Il se satisfait des vêtements qui protègent son corps et de la nourriture offerte [dans son bol à aumône] dont il se sustente ; partout où il va, il n’emporte que cela. Tout comme un oiseau n’emporte que ses ailes partout où il s’envole, de même ce bhikkhu se satisfait des vêtements dont il protège son corps et de la nourriture offerte dont il se sustente et, partout où il va, il n’emporte que cela. Ainsi pourvu de ce noble ensemble de vertus, il éprouve intérieurement une félicité qui est irréprochable.
« Lorsqu’il voit une forme par l’œil, il n’en saisit ni l’apparence ni les traits. Du fait que, s’il laissait la faculté de l’œil sans surveillance, des états mauvais et malsains de convoitise et de chagrin pourraient l’envahir, il pratique en vue de sa modération, il surveille la faculté de l’œil et il entreprend de la maîtriser.
« Lorsqu’il entend un son avec l’oreille … Lorsqu’il sent une odeur avec le nez … Lorsqu’il goûte une saveur avec la langue … Lorsqu’il touche une chose tangible avec le corps …. Lorsqu’il a connaissance d’un objet mental par l’esprit, il n’en saisit ni l’apparence ni les traits. Du fait que, s’il laissait la faculté mentale sans surveillance, des états mauvais et malsains de convoitise et de chagrin pourraient l’envahir, il pratique en vue de sa modération, il surveille la faculté mentale et il entreprend de la maîtriser. Ainsi pourvu de cette noble maîtrise des facultés sensorielles, il éprouve intérieurement une félicité qui est immaculée.
« En allant et en venant, il est de plus en plus présent et conscient. En regardant devant ou autour de lui, il est de plus en plus présent et conscient. En étendant ou en pliant ses membres, il est de plus en plus présent et conscient. Portant son bol à aumône et ses vêtements, il est de plus en plus présent et conscient. En mangeant ou en buvant, en mastiquant, en savourant, il est de plus en plus présent et conscient. En déféquant et en urinant, il est de plus en plus présent et conscient. En marchant, debout ou assis, en s’endormant ou en s’éveillant, en parlant ou en se taisant, il est de plus en plus présent et conscient.
« Ainsi pourvu de ce noble ensemble de vertus et de cette noble maîtrise des facultés sensorielles, pourvu de cette noble attention et de cette présence d’esprit, ce bhikkhu trouve un lieu isolé et paisible : une forêt, le pied d’un arbre, une montagne, une grotte, une caverne, un cimetière, un plateau boisé, un endroit découvert ou une meule de paille.
« Étant revenu de sa tournée d’aumône, après son repas, il s’assied en repliant et croisant ses jambes, il pose son corps bien droit et fixe son attention devant lui. Ainsi, ayant abandonné la convoitise pour les choses du monde, il demeure avec un esprit libre de toute convoitise ; il purifie son esprit de la convoitise. Ayant abandonné la haine et la méchanceté (vyapada), il demeure avec un esprit libre de toute méchanceté, bienveillant envers tous les êtres vivants, il purifie son esprit de la haine et de la méchanceté. Ayant abandonné la paresse et la torpeur (thinamiddha), il demeure avec un esprit libre de toute paresse et torpeur, attentif à la lumière et pleinement conscient, il purifie son esprit de la paresse et de la torpeur. Ayant abandonné l’agitation et le remords (uddhaccakukkucca), il demeure avec un esprit libre de toute agitation et remords ; l’esprit apaisé intérieurement, il purifie son esprit de toute agitation et remords. Ayant abandonné le doute (vicikiccha), il demeure au-delà du doute : il ne se pose aucune question à propos des états malsains, il purifie son esprit de tout doute.
« Ayant éliminé ces cinq entraves (pañca nivarana), imperfections de l’esprit qui affaiblissent la sagesse, s’étant éloigné des plaisirs des sens, s’étant éloigné des états d’esprit malsains, ce bhikkhu entre et demeure dans le premier jhana … Ensuite, ayant mis fin au raisonnement et à la réflexion, il entre et demeure dans le deuxième jhana … Puis, se détournant du bonheur … il entre et demeure dans le troisième jhana. Enfin, s’étant débarrassé du plaisir et de la peine … il entre et demeure dans le quatrième jhana où ne sont ni plaisir ni douleur, mais qui est pureté d’attention parfaite due à l’équanimité.
Fin du cycle : la cessation complète
« Désormais, lorsque ce bhikkhu voit une forme avec l’œil, il ne la convoite plus si elle est agréable, ni ne la rejette si elle est désagréable. Il demeure attentif à son corps, l’esprit vaste et sans limite. Il comprend dans leur réalité la libération de l’esprit et la libération par la sagesse au moyen desquelles les états malsains peuvent être éliminés complètement.
Ayant ainsi abandonné convoitise et rejet, quelle que soit la sensation qu’il ressent – qu’elle soit agréable, désagréable ou neutre – il ne se réjouit pas de cette sensation, ne l’accueille pas, n’y reste pas attaché. Ce faisant, le plaisir lié aux sensations cesse. Avec la cessation de ce plaisir, l’attachement cesse ; avec la cessation de l’attachement, le processus du devenir cesse ; avec la cessation du processus du devenir, la naissance cesse ; avec la cessation de la naissance cessent le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. C’est ainsi que disparaît tout ce monceau de souffrance.
Lorsqu’il entend un son avec l’oreille … Lorsqu’il sent une odeur avec le nez … Lorsqu’il goûte une saveur avec la langue … Lorsqu’il touche un objet tangible avec le corps …. Lorsqu’il a connaissance d’un objet mental, il ne le convoite plus s’il est agréable, ni ne le rejette s’il est désagréable. … Avec la cessation de ce plaisir, l’attachement cesse ; avec la cessation de l’attachement, le processus du devenir cesse ; avec la cessation du processus du devenir, la naissance cesse ; avec la cessation de la naissance cessent le vieillissement et la mort, le chagrin, les lamentations, les peines, l’affliction et le désespoir. C’est ainsi que cesse tout ce monceau de souffrance.
Conclusion
« Bhikkhus, gardez en mémoire ce discours brièvement exposé par moi sur la libération par la destruction de la soif du désir. Et souvenez-vous du bhikkhu Sati, fils du pêcheur, comme étant tombé dans le grand filet du désir, dans la grande trame du désir. » Ainsi parla le Bouddha. Les bhikkhus furent satisfaits et se réjouirent des paroles du Bouddha.
